‹ OsseChapitre 64 sur 132 · I. — Histoire des troubles de Béam, t. I, p. 320 et ss · texte numérisé non relu

I. — Histoire des troubles de Béam, t. I, p. 320 et ss

« forent livrées à la rapacité du soldat : les troupes vécurent » parmi eux à discrétion avec une dissipation étrange1. Les » vivres étaient arrachés aux bouches de leurs propres maîtres, » sans qu'il leur fut permis d'en faire usage pour eux-mêmes. » On en formait des magasins pour fournir à la subsistance de » l'armée. Ceux qui voulurent résister à ces vexations furent » battus, emprisonnés, maltraités, meurtris. Il en arriva de » même à d'autres, qui, pour se dérober à la désolation de leur » patrie, tentèrent de chercher un asile dans la ville de Navar- » renx, où ils croyaient qu'au milieu des horreurs d'un siège, » leur vie serait plus en sûreté qu'au sein de leurs familles et » dans leurs propres foyers, occupés par des ennemis intraita- » bles. — En effet, ceux qui furent contraints d'y continuer » leur résidence ne s'y nourrissaient que d'alarmes, de terreur k et d'effroi. Si leurs biens étaient livrés au pillage, leurs per- » sonnes l'étaient à la barbarie ; ceux qui finissaient leur car- » rière pendant le cours de ces malheurs participaient au même » sort : leurs cadavres étaient privés de sépulture, jetés dans » les fossés de la ville ou dans les rivières voisines. » Ce sombre tableau, que nous croyons fidèle, attendu que le curé de Salies a puisé à beaucoup de sources aujourd'hui disparues, nous confirme ce que nous raconte des atrocités commises en Béarn, pendant le soulèvement de 1509, l'historien de nos martyrs.

Pour nous en tenir au diocèse d'Oloron, voici les noms des victimes qu'il mentionne : Guaillardd'Escout d'Arudy, chirurgien, âgé de 28 à 30 ans « fut mis à mort pour le nom du Seigneur » Jésus-Christ, en la ville de Pau ». On lui avait fait offrir en mariage, s'il renonçait à sa foi, une fille « bastarde » du sinistre seigneur de Navaille ; il répondit : « Voici ce qui me garantira de la mort 2. »

Dans la vicomté de Soûle3, qui faisait partie de ce diocèse et où l'acharnement contre les chrétiens évangéliques ne fut pas moindre, nous devons citer : A Lanm s. un laboureur du nom

1. — Les DrairniiiKKirs foininriicci-cnt <k Ixmne heure « - 1 1 Béarn.

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