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CHAPITRE CINQUIÈME LES ORDONNANCES DE

La révolte comprimée, le Béarn repris au lieutenant de Charles IX par un vaillant capitaine, les fauteurs des troubles se condamnèrent eux-mêmes. Dans ces temps malheureux où la tolérance passait pour faiblesse, Jeanne ne réussit pas à désarmer des adversaires inconciliables. Malgré son indulgence, ses amnisties et ses pardons répétés, elle les trouvait toujours contre elle. Après cet appel à l'étranger qui avait failli lui faire perdre ses Etats, il ne pouvait être question pour elle de demimesures et de tempéraments.

C'était tellement dans les sentiments de ces implacables ennemis, que le clergé romain tout entier s'exila de lui-même, sans attendre que Tordre lui en fût signifié. Pour éviter que les biens ecclésiastiques ne fussent dilapidés, on les mit sous séquestre, en attendant les décisions des Etats. Ceux-ci, convoqués à Pau en octobre 1571, demandèrent « par requeste la » suppression de l'église romaine et l'instruction du peuple » selon la parole de Dieu 1 ».

En réponse à cette demande, la reine leur proposa des ordonnances ecclésiastiques, qu'ils votèrent à l'unanimité. Il vaut la peine de se rendre compte de ce qu'étaient ces lois qui régirent le Béarn pendant un demi-siècle et en tirent un pays vraiment favorisé du ciel, où, au milieu des agitations qui troublaient le reste de l'Europe, le peuple vécut tranquille, heureux et prospère, jusqu'au jour où les anciens ennemis de son repos vinrent de nouveau y apporter le trouble et la désolation.

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