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PoeydaTant

"2. — Poeydavant lui donne le nom de synode, mais il est probable que ce fut une assemblée de notables et non le synode annuel, qui se tint à Oloron à la fin du cette même année. Tome II. p. (55 et suivantes.

» que Dieu changeât le cœur de leur prince ou qu'il leur suscita » extraordinairement un autre souverain pour opérer la déli- » vrance de son peuple affligé, on pourvoirait au gouvernement * du pays, à Tordre intérieur, comme aux moyens de repousser n toute agression du dehors » . Puis , dans un règlement de quarante articles, on se prépare à une résistance énergique par le choix d'un lieutenant général et d'un gouverneur militaire, n'oubliant pas de proposer des moyens religieux : la prière, la cène, le jeûne pour apaiser la colère de Dieu et obtenir sa faveur, en recommandant &u\ chefs de se confier moins dans la multitude des troupes que dans la force du Très-Haut qui ne leur manquerait pas, parce qu'ils défendaient sa cause contre leurs ennemis. Si l'on devait poursuivre les catholiques séditieux, Ton doit traiter avec douceur ceux qui resteraient paisibles et contribueraient à la défense. Enfin, l'assemblée s'engage à ne déposer les armes que quand on aurait assuré la vie, la liberté et l'indépendance des fidèles du Béarn.

Les Etats, qui se réunirent peu après, appuyèrent ces résolutions. Ils ne tinrent aucun compte de la lettre que le roi leur adressa le 20 octobre 1572, attendu qu'étant prisonnier de Charles IX, il n'avait pu l'écrire de son propre mouvement. Gramont fut surpris à Hagetmau et conduit à Pau pour y être gardé jusqu'à ce qu'on pût traiter de sa délivrance d'une façon avantageuse.

Personne en Béarn ne s'était levé pour le seconder dans sa mission, et le baron de Miossens, chargé de poursuivre l'entreprise si mal engagée par le comte de Gramont, ne fut pas plus heureux. Le Conseil souverain refusa de publier le prétendu édit qui demeura sans effet.

Pendant que le roi était retenu à Paris, Àrros garda la lieutenance générale; il conservait une autorité qu'il refusait de reconnaître à ceux que le roi captif désignait pour le remplacer. Il exerçait le commandement suprême, convoquait les Etats, faisait voter l'impôt. Sur la demande du synode de 1573, réuni à Pau, il fit faire la vente de biens-fonds de l'église à l'effet d'indemniser les bénéficiers convertis et de contribuer à répandre la réforme en Basse-Navarre, qui s'était toujours montrée fort réfractaire aux changements en matière religieuse. Ainsi la

réforme s'établissait el >«k Consolidait chaque jour davantage »'t la discipline ecclésiastique était appliquée d'une manière âa plus en plus rigoureuse. Le pays semblait donc, non seulement avoir accepté les doctrines des réformateurs, mais tenir à se soumettre à la loi sévère de l'Évangile.

C'était pendant qu'Henri de Navarre était à Lyon qu'il reçut la démission du lieutenant général d'Arros, fatigué des rudes travaux de sa charge. Il fut remplacé par Henri d'Albret, baron de Miossens, catholique modéré. Le premier soin du nouveau gouverneur fut de supprimer le conseil ecclésiastique, ce qui souleva des réclamations de la part des ministres et des Etats du pays, mais inutilement. Cette mesure, d'après l'abbé Menjoulet, aurait été motivée par des malversations du conseil1. Nous regrettons de ne pas pouvoir contrôler une telle assertion, qui aurait été facile par la publication que se proposait de faire M. Léon Cadier, du registre du conseil ecclésiastique du Béarn, conservé à la bibliothèque de la société de l'histoire du protestantisme français à Paris 2.

La mesure du Baron de Miossens eut pour résultat de diminuer le taux des pensions accordées aux veuves des ministres, de retrancher les gages des catéchistes, les frais de voyage et de séjour des ministres au synode, et l'indemnité pour le service aux Eaux-Chaudes (loTo .

Cependant, le roi de Navarre, toujours considéré comme le chef du parti protestant français que la St-Barthélemy n'avait abattu que momentanément, était encore retenu captif à la cour. Là, au milieu « de la plus maudite et corrompue compagnie », il oubliait dans les plaisirs et dans les intrigues amoureuses les malheurs de ses amis et sa propre dignité. Il alla même jusqu'à s'enrôler parmi les « pénitens blancs, noirs ou bleus », pour complaire à Henri III, qui lui rendit la justice de dire « qu'il n'était guère propre à cela ? ». Lorsqu'on ne lui soupçonnait plus ni miles pensées, ni désir de liberté, se réveilla en lui le sentiment des grands devoirs qui lui étaient imposés. Le souvenir de

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