LES ÉGLISES RÉFORMÉES DU BÉARN
AU XVIIe SIÈCLE
Le succès que le Clergé de France venait de remporter en Béarn était fort grand. Que n'obtiendrait-il pas désormais du pouvoir royal ? Le roi s'était laissé prendre à la fable de la persécution des catholiques béarnais ; que n'inventeront pas les Jésuites pour perdre définitivement les Huguenots ?... N'irontils pas un jour jusqu'à nier leur existence, pour arracher la révocation des lois qui les toléraient ? En attendant, Louis XIII est l'objet d'éloges sans mesure. On le loue comme s'il avait accompli l'acte le plus héroïque du monde. On l'élève bien au-dessus de son père, pour avoir fait à seize ans ce qu'Henri IV n'avait osé faire pendant son règne de seize ans. Pauvre et infortuné jeune homme, qui ruine de ses propres mains ses plus belles provinces et qui s'aliène de gaité de cœur ses meilleurs sujets !
D'ailleurs, le clergé était dans son rôle. Son but, poursuivi sans relâche jusqu'à la Révolution, a toujours été la destruction du protestantisme. Malgré la paix du royaume et l'Édit de Nantes, aux États Généraux de 1614 il osa demander l'interdiction de tous les exercices de la religion. Les procès-verbaux des assemblées du Clergé de France montrent que c'est son objectif continuel. « Ces demandes se renouvelèrent périodiquement, avec » des clauses toujours plus dures, plus oppressives, jusqu'à la » révocation de l'édit de Nantes, et après jusqu'en 1787. Il fallut » que la grande voix de la nation s'élevât dans l'Assemblée » Constituante pour faire taire celle des prêtres1. »