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P. de Lescun, réponse au libelle intitulé le Moine

2. — M. Gaufïrès. Bulletin du Protest. Français, tome III, p. 687.

» anciens et le droit usage de l'administration des clefs du » royaume des cieux, qui est la juridiction spirituelle que Jésus- » Christ seul chef de l'église luy a donnée et qui ont esté toutes » trois fort corrompues si non du tout perverties en l'église. » (N. Bordenave, p. 117.)

Le synode se tenait tous les ans en Béarn. Malheureusement les procès-verbaux de ces assemblées sont perdus, à l'exception de quelques-uns. Le savant bibliothécaire de la ville de Pau, M. Soulice, a dressé une liste de cent synodes béarnais de 1563 hiQHV1. Ces assemblées étaient indispensables pour maintenir la régularité du ministère évangélique, et traiter toutes les questions générales intéressant les églises, comme pour résoudre les difficultés et les conflits qui pouvaient surgir, et lorsqu'une législation de plus en plus hostile s'acharna contre les réformés, la nécessité en était encore plus grande. Avant la suppression de l'académie d'Orthez, on y admettait le principal du collège et le professeur de théologie. Depuis 1620, les jeunes gens qui se destinaient au ministère sacré devaient aller étudier à Genève. En vain le synode réclama le rétablissement de cette école. Au synode de 1644, qui proposait de faire tous les frais de l'académie, on fit réponse que les protestants étaient libres d'envoyer leurs enfants à Pau, au collège des jésuites.

L'exécution des décisions du synode était confiée à une commission composée d'un ministre et d'un ancien de chaque colloque, A la différence des églises de France, où les colloques comprenaient tous les ministres et autant d'anciens d'un certain groupe, et exerçaient une sorte de supérintendance, les colloques du Béarn étaient simplement la réunion des ministres d'un district ou Parsan, où chacun devait à tour étudier un texte de l'écriture, sur lequel les autres étaient invités à donner leur avis, et cela « afin que la doctrine soit mieux conservée en sa pureté » et la discipline mieux observée entre les ministres ». Il y avait six colloques, savoir : Pau, Nay, Oloron, Orthez, Sauveterre et Lembeye. Le colloque exerçait une surveillance sur les ministres, et pouvait, si l'un d'eux manquait à la doctrine ou aux mœurs,

1. — Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, IIe série, tome IX, p. 175-181.

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intervenir auprès du consistoire intéressé, pour en obtenir la suspension, mais le synode devait toujours en statuer. Ce dernier nommait chaque année un des ministres de chaque colloque, en qualité de surveillant du colloque, chargé à ce titre de visiter les églises et de présider les conférences théologiques. Avant la tenue du synode, il y avait une séance du colloque pour que « les ministres communiquent ensemble des points qu'ils vou- » dront estre proposés au synode, desquels ils bailleront la » charge au surveillant ».

Telle est, dans sa simplicité, cette démocratie religieuse, sadministrant par des assemblées et ne reconnaissant d'autre chef que Jésus-Christ. Le peuple y était profondément attaché. En vain le clergé romain employa-t-il pour la détruire tous les moyens licites et illicites : ses efforts échouaient devant une vitalité qui le surprenait. Enfin il crut sa victoire complète quand sous Louis XIV il lui ôta le droit d'exister. Vain espoir ! l'église de la Réforme, extérieurement détruite, vivait au fond des cœurs, et malgré une législation féroce, en dépit de pénalités inouïes, bravant les galères et les gibets, elle s'est remise à fonctionner comme d'elle-même, et au xvme siècle les nouveaux convertis étaient redevenus protestants.

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