ET LES RÉFORMÉS
Mépris de la foi jurée, abolition de la nationalité béarnaise, oppression de la conscience religieuse de tout un peuple, « enlè- » veinent d'enfants, profanations de sépulture, surprises de » places de sûreté, abolition de lieux d'exercice, expulsions de » pasteurs, sentences iniques1 », voilà en résumé la situation du Béarn dans les fatales années de 1620 et 1621. L'abbé Poeydavant l'indique par cette phrase significative : « L'expédition » d'Epernon et le bon ordre qu'il mit dans le pays en changèrent » la face2. »
Après la violence de la soldatesque, vinrent les mesures juridiques et administratives. Au parlement de Navarre, qui avait remplacé le conseil souverain du Béarn, les provisions d'offices n'étaient expédiées qu'à des catholiques 3. Cette cour de justice « arrêta en 1628 que le droit de présider ne pourrait » plus appartenir aux réformés ». Cette décision, ajoute l'abbé Menjoulet 4, « s'étendit par l'usage à tous les corps constitués et » même aux simples conseils des communes, un catholique seul » pouvait être premier jurât. On ne réserva aux calvinistes qu'un » tiers au plus des charges publiques... Dans les corps de ville,