‹ OsseChapitre 86 sur 132 · Chronique du diocèse d'Oloron, t. II, p. 290 et · texte numérisé non relu

Chronique du diocèse d'Oloron, t. II, p. 290 et

notaires et autres aetes publies, est parvenu à établir le tableau des ministres qui oui exercé en Béarn avant la Révocation, la liste suivante des ministres qui ont desservi l'église d'Osse, depuis l'année 1578 jusqu'à 1668 :

Gassiot de La ïorrette 1578-1595

Que nous connaissons déjà [Deuxième partie, chapitre IV).

Jean de Codures 1 tîUi)-H313

Gédéon Tolose 1613

Etienne Fabas 1613-1690

Jean de Fondeville 1620-1623

Salafranque 1623

Arnaud de Lapuyade 1624-1629

Jean d'Âbadie 1632-1637

Eusèbe de Barromères avant lt>49

Carsuzan hîUî-UHtè

Carsuzan mourut à Osse dags l'exercice de ses fonctions le "2 septembre 1662; un de ses tils était ministre à Issor en 1662. (Actes du consistoire de l'église d'Osse, folio 9.)

Diserotte 1660

Casaucau 1665-1666

Ce Casaucau était un homme fort estimé pour son autorité et sa science, aussi l'église d'Osse était-elle fière d'avoir un tel pasteur. Elle avait lait un contrat par lequel elle croyait le retenir indéfiniment à son service. Mais elle avait compté sans le synode qui, réuni à Nay en juin iiîtiti, le désigna pour desservir l'église de Castetnau. De là grand mécontentement, qui se traduisit par des réclamations auprès de Messieurs les exécuteurs des volontés du synode. Nous transcrivons, d'après les actes du consistoire d'Osse. le texte de la pétition des chefs de famille de l'église :

« Lesehefsde famille de l'Eglise d'Osse estans assemblés dans le temple, après l'invocation «lu nom de Dieu, ayant examiné le tour que le dit sieur de Casaucau leur ministre leur avoil fait d'avoir viol.- sa parole et la convention faite parmi eux qui est de ne pouvoir quitter ladite

église que par le consentement de Messieurs les pasteurs d'Oloron, ont résolu de le poursuivre par toutes les voyes licites pour l'obliger à continuer son ministère parmi eux, sans avoir pourtant aucune plainte contre le sieur Benoit ministre qui leur a esté donné par un prest. estans tous édifiés de son ministère. Mais voyant que suivant son acte il ne peut pas demeurer longtemps parmi eux et apréhendans de se trouver sans pasteur l'année prochaine, prient de tout leur cœur Messieurs du colloque qu'il leur plaise ordonner que le sieur de Casaucau aye à leur donner son ministère, fait ce 2"' août 1666. »

Le colloque d'Oloron ainsi saisi, examina cette affaire. Voici l'acte qui intervint :

Actes du Colloque d'Oloron, tenu le dixième septembre 1666.

« L'église d'Osse a comparu devant la compagnie et a demandé fort instamment que le sieur de Casaucau son pasteur soit obligé de s'en retourner dès à présent afin de la servir, se fondant sur ce que le synode a renvoyé la connaissance de cette affaire au colloque, ouy le député de l'église de Xavarrenx qui a prié la compagnie de vouloir confirmer le prest qui luy a été fait par le synode, le colloque ayant considéré meurement cette affaire, ordonne que le prest fait par le synode tiendra et que le sieur de Casaucau s'en retournera dans l'église d'Osse au bout de ce temps-là, cette église luy continuant l'affection qu'elle luy fait paroistre et traitant cependant le sieur Benoit le mieux qu'il luy sera possible afin que de sa part il la serve avec joie. — Diserote, secrétaire. »

Benoît ne resta qu'un an à la tête de notre église (1666-1667), après quoi il se rendit à Castillon. et le synode de Pontacq (juin 1667) nomma à sa place le sieur de Mauzy, qui fut présenté à Osse par Diserotte, pasteur d'Oloron. Casaucau ne revint donc pas, comme s'y était attendue l'église, laquelle passe un contrat en règle avec le nouveau pasteur. Voici le texte même de ce contrat1, copié sur le registre et signé par le ministre intéressé :

Du 10e Juillet 1667.

« En l'assemblée générale des chefs de famille faisant profession de la religion réformée au présent lieu d'Osse faite dans le temple dudit

lieu, immédiatement après la prédication de la parole de Dieu, ayant été représenté par le sieur de Diserotte, ministre dans l'église d'Oloroo, qu'il étoit là expressément de la part du sinode pour establir dans ta dite église le sieur Mausy ministre, ayant esté demandé par Jean de Margalotte ancien et député de ladite église d'Osse, sy bien que desjà ledit de Margalotte avait passé un rrrlain acord rédigé- par rserit pour un an conformément à l'acte d ml it sinode qui est que ledit de Margalotte a promis audit sieur Mausy faisant pour toute l'église la somme de quatre cents francs bourdalois que aussy dux charges de bois et un quintal de foin et le louage d'une maison, que aussy le defraix du sinode et tel dit acord a été porté et présenté à ladite assemblée et l'aiant mis en délibération par unité de voix tous lesdits chefs de familhe aiant opiné par ordre les uns après les autres, les susdittes conditions ont été agréées et acceptées absoluement, en telle sorte que laditte église et chefs de famille promettent audit sieur Mausy de lui bailher et payer la somme de quatre cents francs bourdalois d'une part, quatorze francs pour le louage d'une maison d'autre, dux charges de bois ou sy mieux n'aiment donner troies sous pour chasque charge et les y porter chez soy, comme aussy lui donner un quintal de foin que ledit sieur Mausy envoyera quérir et ledit foin et bois sera donné par ceux qui avoient acoustumé d'en bailher aux précédons ministres luy donneront aussy les desfraix du sinode, et de plus encore ayant esté .demandé a un chascun des chefs de famille a part sy doncq ils vouloient s'assubjétir volontairement à la taxe et légalement qui a été desja fait ou qu'on fera sur ce subjet sy dessus exprimé sur un chascun des particuliers pour l'aquiessement desdittes conditions et charges, il a esté respondu unanimement et sans aucune dispance de voix qu'ils le vouloient franchement et de bon cœur et ont promis sous obligation detout leurs biens et causes, chascun pour le tout et par indibis ni division de personne ni autrement, de bailher et payer au dit sieur Mausy la ditte somme de quatre cents francs bourdalois d'une part, le foin, le bois, le louage et le desfraix du sinode, d'autre, a peine de toutes despances, domages et intérêts et telles dites sommes seront pour un service d'un an que le sieur Mausy ministre a promis à ladite église conformément aux précédents ministres et pour l'observation de tout ce dessus l'ont promis et juré. Fait à Osse ledit jour que dessus. — Signés à l'original les chefs de famille, Mauzy min. »

fifauzy resta quatre ans à Osse. Au bout d'un an ses gages furent augmentés de 25 francs, mais malgré la forme solennelle du contrat passé avec l'église, il était assez irrégulièrement payé, et n'ayant pas de fortune personnelle, ne pouvait y vivre avec ses faibles gages.

L'année de son départ, à la suite des mesures que subissait

le protestantisme en Béarn, un second ministre fut établi à

Les lieux d'exercice avaient été réduits de cent vingt -trois à vingt par l'édit de 1668 ; beaucoup de fidèles ne pouvaient plus avoir les soins de leurs pasteurs. Ceux-ci, qui n'avaient pas le droit de résider en debors des lieux d'exercice, s'étaient groupés le plus possible près des fidèles dont ils avaient la direction. C'est ainsi que plusieurs ministres résidaient à Oloron pour rayonner de là dans leurs anciennes paroisses. Mais un arrêt du Conseil, rendu le 15 septembre 1670, détendait qu'il y eût plus de deux ministres par lieu d'exercice. Et encore devaient-ils être payés directement par chaque église et l'on ne permettait pas de prendre leurs gages dans d'autres consistoires et colloques.

Pour exécuter cet arrêt, les ministres des paroisses supprimées durent aller loger dans les églises qui n'avaient qu'un pasteur. C'est pour cela que le 18 janvier 1671 eut lieu dans le temple d'Osse une séance solennelle des anciens et des chefs de familles de l'église, convoqués après la prédication. M. de Campagne, avocat, ancien de l'église d'Oloron, leur propose de recevoir le ministre chargé des fidèles d'Àrudy, de Lasseube et d'Issor, qui ne peut plus résider à Oloron en vertu de « l'arrêt de Sa Majesté ». Ce ministre n'était autre que le sieur Casaucau, que l'église d'Osse avait tant regretté. On convint donc dans cette assemblée que les fidèles d'Arudy, de Lasseube et d'Issor seraient annexés à l'église d'Osse, comme leur étant la plus commode, avec cette déclaration qu'ils font de ne rien demander à l'église d'Osse pour l'entretien du sieur de Casaucau que « tant seulement à chacun des chefs de famille, une charge de » bois, et un faisseau de foin pour l'entretien de son cheval a » scavoir à ceux qui ont accoutumé d'en bailler à leur ministre, » sans prétendre néantmoins que rien soit diminué des gages » ny autre choses que lesdits chefs de famille d'Osse donnent » au sieur Mausy leur ministre, réservant toutefois l'approba- » tion du synode » (folio 44).

Ces ministres extra-muros (à l'exception de Casaucau, chargé par intérim de l'église pendant quelques mois), ne siègent jamais aux séances du consistoire d'Osse.

En voici la liste :

Gasaucau 1671-1679

Il est délégué par le synode pour installer Le remplaçant de M. Mauzy.

Dahancens, installe'1 à Osse le 17 juin 1673 d'après l'acte suivant folio 96 :

D'après la teneur de l'article 75 des Actes qui porte que moy Méladon, min. de l'église d'Osse installera}- le Sr Dabancens d'oloron dans ladite église, sur la demande qui en a été faite par le Sr de Talon d'Issor, j'ay installé le dit sieur de Dabancens dans la dite église avecq l'approbation et le consentement du consistoire. Jus. Médalon.

[saac Bruchelles 1676-1681

Nos documents ne suffisent pas pour expliquer les dates cidessus.

Le synode qui se réunit à Orthez le 18 février lt>71 1 continua l'arrangement t'ait entre l'ancien d'Oloron et les fidèles d'Osse, au sujet du pasteur devant desservir les protestants d'Arudy, Lasseube et Issor, et après avoir entendu le sieur Trouilh, ancien d'Osse, sur le consentement de l'église d'Osse au départ de son ministre, libéra le sieur Mauzy, ministre, tant de l'église d'Osse que de la province, lui promettant un témoignage de ses bonnes mœurs et de sa doctrine.

Le même synode, après les examens d'usage, ayant admis au saint ministère trois étudiants en théologie, parmi lesquels était Josué Médalon de Pau, charge le consistoire d'Oloron de l'envoyer dans l'église qui pourra réclamer son ministère, et les sieurs de Casamajor et de Diserotte, ministres d'Oloron, de lui imposer les mains.

Latourette notaire à Osse, au nom de l'église d'Osse, proposa à Médalon de devenir le pasteur de cette église, et en conséquence de cette démarche, il fut procédé à sa consécration par l'imposition des mains et le consistoire d'Oloron chargea le sieur de Gasaucau, pasteur, de l'installer comme ministre à Osse. Voici l'acte de cette installation :

« Du 12'' Avuil 1671. — Dans l'assemblée générale de l'église d'< Isse, après la prédication de la parole de Dieu par le sieur Josué Médalon

1. — Bulletin de la Société ries Sciences, Lett re* d Art* de l'un, il série, tome IX. p. ss., actes 2.'». 1(.) et 42.

de Pau, ministre, moy, D. Casaucau, ministre de ladite église et député par le Consistoire d'Oloron, ayant fait lecture de deux actes, l'un du dernier sinode, tenu à Orthez. et l'autre dudit Consistoire d'Oloron tenu le jour d'hier, portant sommairement, celui du sinode que ledit sieur de Médalon recevrait l'imposition des mains et seroit installé au saint ministère par les sieurs de Casamajor et de Diserotte ministres d'Oloron s'il se présentent église qui demandât son ministère, et celui du Consistoire d'Oloron que le sieur de Latourrette notaire, ayant demandé le ministère dudit sieur pour l'église d'Osse dont il étoit député et avoit ordre exprès pour cela, ajoutant qu'il avoit le consentement dudit sieur et étoit d'accord avecluy de toutes conditions, ouy sur cela ledit sieur Médalon qui l'a entièrement confirmé et demandé l'exécution du susdit arresté du sinode, ledit consistoire a conféré l'imposition des mains audit sieur, et le donne pour pasteur à ladite église avec ordre à moy D. Casaucau de le lui présenter ce jourd'hui. Après la lecture, dis-je, de ces deux actes, moy dit commissaire, ayant fait ma commission, et demandé à ladite église d'Osse si elle approuvoittout ce qui avoit été fait par ledit sieur Latourrette et si elle recevoit le ministère dudit sieur de Médalon, tous les chefs de famille de ladite église qui estoient présens, m'ont répondu d'une commune voix qu'ils ratifioient de tout leur cœur tout ce que le dit sieur de Latourrette avoit fait en leur nom, et recevoient avec joie le ministère du sieur de Médalon, promettans de le regarder comme leur pasteur et de l'honorer et chérir comme leur devoir les y oblige. Et le dit sieur a promis de son côté de s'acquitter envers ladite église de toutes les parties de son devoir avec tout le soin et la fidélité possible.

» D. Casaucau1. »

Les gages de Médalon étaient fixés, pour les deux premières années, à 350 fr. bourdalais, et à 400 fr. s'il restait au delà de ce terme, et. en outre, le loyer de la maison, la provision de bois et de foin et le défrai des voyages au synode. En retour, on lui demandait, outre la prédication du dimanche, de faire « des » prières publiques à la relevée et tous les lundis, mercredis » matin et samedis au soir, durant deux années, de visiter les » familles en santé et en maladie et de leur faire le catéchisme » tous les dimanches », de plus le pasteur « ne pourra faire » absence plus longue de trois jours sans le consentement du » consistoire ».

Ce Médalon unissait à l'ardeur de la jeunesse le zèle de la

maison do Dion, si nous en jugeons par deux mesures excellentes prises sous son ministère. La première, qui concerne l'écolr \ est du iw2 décembre Wû-2 :

Le sieur de Médalon ayant... représenté qu'il estait du devoir du consistoire de prendre soin de l'éducation et instruction des eufans et pour cet effet de visiter l'école conformément à l'article 3e de la discipline, chapitre des colloques, titre 9** et conformément à in-lluy a esté résolu que les sieurs de Médalon m., de Trouilh et d'Arabanet, anciens, visiteront tous les quinze jours l'école pour en faire rapport en consistoire.

L'autre mesure, relative aux devoirs de la piété domestique, est du li novembre 1676* :

Le sieur de Médalon ayant représenté que les exercices de piété ne se font pas régulièrement dans les familles et qu'il estoit extrêmement important de seavoir leur estât, la compagnie ayant fait rendre compte à ceux qui s'y sont trouvés s'ils s'acquittent de leur devoir envers Dieu, le priant soir et matin régulièrement et s'ils estoient soigneux de vivre en paix et de l'entretenir dans leurs familles et de leur donner bon exemple, en lisant la parole de Dieu et vacquant aux exercices chrétiens, a chargé les sieurs de Médalon ministre. d'Kseameig et deMirassor, anciens, pour aller dans toutes les familles et leur faire rendre compte des exercices de piété et seavoir exactement leur estât pour user où besoin sera de telle répréhension ou exhortation qu'ils jugeront, el en faire rapport au consistoire dans quinzaine. Signés : .b>s. Médalon. m.. d'Escameig, de Mirassor, de Sopervielle, de Clergeig, de Higué, d'Arabanet.

Le synode, tenu le 23 juin 1 1 >TT à Morlaas. libéra le sieur Médalon de sa charge et la confia au sieur Pierre de Peyret. de Pontacq, qui, selon les vues de Louis-le-Graml, devait être le dernier ministre de l'église réformée d'Osse, mais Dieu et la fidélité cles protestants en décidèrent autrement. Peyret tut ministre de 1671 à 1685, Sa signature clot le registre des actes du consistoire d'Osse. Temps sombres que ceux où il exerça son ministère! L'église était affaiblie, non dans son zèle, mais dans ses moyens. Les procès, les amendes s'acharnaient à sa ruine, elle était classée au nombre des églises faibles et on devait lui venjr en aide. C'est ainsi que, dans son contrat avec

le sieur Peyret, les chefs de famille d'Osse avouent « que le » malheur des affaires de l'église l'avoit réduite eu tel estât » qu'elle estoit obligée de solliciter des charités et le prier de » faire quelques relaschement des gages ordinaires ». Il veut bien, en considération de cette diminution de forces, « la servir » moyennant trois cents francs par an ». Il faut dire qu'il n'était pas marié. Il n'avait été prêté que pour un an. L'année suivante, laissé « en pure propriété » à Osse par le synode de Bellocq, ses gages furent augmentés de vingt-cinq francs. Le 29 avril 1679 l'église d'Osse fut visitée par le ministre Gasaucau, qui fit faire un nouveau contrat par lequel les gages du ministre furent fixés à trois cent soixante francs. Moyennant quoi :

uLe sieur de Peyret a promis et s'oblige de leur donner tout secours, non seulement dans la prédication chaque dimanche matin, et chaque dimanche de cène une autre prédication à la relevée, et aux autres dimanches des prières publiques aussi à la relevée, comme aussi chaque lundi matin et chaque samedi sur le tard, etàl'esgard des catéchismes, faisant un catéchisme de quinze en quinze jours, en jour de mercredi matin et s'il se rencontre qu'il soit teste le mardi qui précède ou le judy qui suit immédiatement les jours de mercredi destinés au catéchisme, on prendra ce jour de teste, afin que le temple soit plus fourni, et les autres mercredis où il n'y escherra point de catéchisme, faisant la prière le matin. Ce qu'il observera pendant la première année et icelle passée, le dit sieur de Peyret promet de donner chaque dimanche à la relevée un catéchisme et demurera deschargé de celluy du mercredi, et pour les dits jours de mercredi, il faira le matin la prière régulièrement comme on l'a accoustumé, sous les mêmes gages, mais de plus il visitera les familles en santé et maladie et faira générallement tout ce à quoy le devoir de sa charge l'oblige, et ne pourra faire absence plus longue de trois jours sans le consentement du consistoire.»

Son ministère fut suspendu pendant une année, par mesure disciplinaire, en vertu de la décision du synode de Garlin du 25 juin 1681, pour une faute qui n'est pas indiquée. Il fut rétabli dans l'exercice de ses fonctions par le ministre Goulard, commissionné à cet effet par le consistoire d'Oloron, ainsi que le sieur de Sarthou, ancien du même consistoire. Pour procéder à sa réinstallation, on fit assembler le consistoire d'Osse le dimanche 28 juin 1682, avant l'heure du prêche, et, après que les commissaires du consistoire d'Oloron eussent donné lecture

de l'acte qui établissait leurs pouvoirs, il est résolu que le sieur de Peyret recommencera, ce jour-là, les fonctions de son ministère par la prédication de ce matin-là, el ainsi il fut réintégré dans ses fonctions.

Les dernières années du ministère de Peyret lurent 1 oit troublées ; les actes du consistoire sont fort rares, plus d'exercices de la discipline, plus de délibérations : des comptes, des emprunts, des menaces de la part des créanciers de l'église, voilà ce que nous y lisons.

Peyret eut l'honneur d'être une des victimes des poursuites du parlement de Navarre en novembre 1684, en raison desquelles il ne put exercer les fonctions de son ministère dans son temple, qui seul resta debout dans le siège de la maréchaussée d'Oloron, en vertu de l'arrêt du Conseil du 4 février 1('»S5. Le 16 avril de cette funeste année, il acquitte l'église de tout ce qu'elle lui doit, ayant été entièrement payé. Cette quittance est la dernière pièce du recueil des actes du consistoire d'Osse.

3° Le Consistoire.

En feuilletant le vieux registre qui nous a transmis les actes de ce vénérable corps, nous ne pouvons nous défendre d'un sentiment poignant, en pensant combien ont été méconnus des hommes de foi et de piété comme ceux dont nous possédons les signatures.

Certes, ils croyaient de toute la force de leur àme. Ils croyaient en l'Évangile, au salut, au pardon en Jésus-Christ ; ils croyaient à la parole de Dieu, telle que la Bible nous la présente; ils croyaient sincèrement, et leurs actes portent l'empreinte de la sincérité. Ils croyaient de tout leur cœur, vigoureusement, àprement même, nous en avons des preuves dans la netteté et la fermeté de leurs décisions. Ils croyaient, il est vrai, autrement que l'adultère qui siégeait sur le trône de France, et ce fut le crime pour lequel on les a détruits, et avec eux quelque chose del'àme de la France.

Ces hommes de foi n'avaient rien d'implacable. Que de douceur et de condescendance dans l'application de cette discipline

austère, sous laquelle chacun courbait la tête avec conviction, tant elle répondait bien aux plus nobles aspirations de l'âme humaine : sincérité, pureté, charité.

Nous connaissons déjà les ministres qui présidèrent aux séances de cette assemblée; étudions-là dans sa composition. Elle comptait dix anciens, qui se renouvelaient tous les ans par tiers environ, en raison de quatre membres une année et de trois les deux autres. D'ailleurs, il n'y avait rien d'absolu ; souvent on remplaçait un ancien qui démissionnait, de sorte qu'il est difficile de tracer un tableau très régulier du mouvement des nominations d'anciens dans les vingt années du registre. Dans cet espace de temps le consistoire fut six fois entièrement renouvelé. Voici comment il était constitué :

En 1665. — Ministre : Casaucau.

Anciens : Pon, Arudy, Cantou, Soussens, Jacques de Darélatour, Jean de Higué, David Audap, Trouilh, Jean Lagun, Jean Casteig.

Diacres : Audap et Lagun.

En 1667. — Ministre : Mauzy.

Anciens : Sarthou chirurgien, Davide de Latourrette notaire, Jean Margalotte, Moyse Arriet, Jacob de Clerguetg, Abraham de Cousté, Abraham de Casanoue, Pierre de Lostau, Pierre Doumecq et Jean Tourret notaire.

Diacres : Margalotte et Casanoue. En 1672. — Ministre : Josué de Médalon de Pau.

Anciens : Gasamajor, Pierre de Casteig, Abraham de Supervielle, Pierre Trouilh, David de Doumecq, Jean Latour de Pinçous, Daniel deMirassor, David de Pon,Isaac d'Arabanet et Mathieu de Lagun.

Diacres : David de Doumecq, Jean Tourret notaire, Pierre de Doumecq et David de Pon.

En 1077. — Ministre : Pierre de Petret.

Anciens : A. DE Surervielle, Clerci eiu, Daréla-

TOUR, HlClÉ, MaRTKîI !.. (iASANOl E, >1 1 N-

vi elle, Kscamek;, Noi »ji É, La i m urette.

Diacres : Martigue, Jean de Superbielle. En 1681. — Minisire : Pierre de Petret (suspendu).

Anciens: Pierre et David Duemego, Coesté, Trouilh, Candau, Mi.nvielli: , Lagun, JMouqeé, Casaucau, de Latoc rrette.

Diacres : Candau.

En 1084. — Ministre : Pierre de Petret.

Anciens : Elsère de Baromères, Mirassoe, Pierre Doumecq, David d'Atoernou, Curet, Isaac d'Arahanet, Lagunpocq, Pierre de Casteig, Superbielle et Lagun.

Diacre : Jean d'Arabanet.

Les anciens, sitôt qu'ils étaient nommés, prêtaient serment entre les mains du premier jurât. Mais assistons à une séance. Elle s'ouvre par la prière et c'est « au nom de Dieu » qu'on délibère. On vient de nommer deux nouveaux anciens. Le peuple a ratifié le choix du consistoire. Pendant trois dimanches, leurs noms ont été proclamés du haut de la chaire, et nulle réclamation ne s'est produite de la part du peuple. Ils remplacent de tidèles serviteurs de l'église que « la Compagnie remercie des bons » services qu'ils ont rendus à l'église et prie de lui continuel' » leur bonne volonté », et en même temps, elle exhorte « les » nouveaux venus de vaquer soigneusement et aussi lidèlement » à la charge à laquelle ils ont été appelés « T°68 . Ce qu'ils promettent, puis ils jurent solennellement devant Dieu d'observer et de faire observer la discipline.

Bientôt nous les verrons s'occuper de tout ce qui intéresse l'honneur de l'église. Ils ont conscience (h* leur dignité, et pour être choisis parmi le peuple, ils apportent à leurs fonctions de Surveillants une assiduité et un zèle qui montrent combien l'apôtre jJt-Pierre avait raison de traiter les chrétiens de peuple de rois p\. de sacrificateurs. Rien n'est plus rare qu'un ancien donnant lieu à des observations. Celles que nous avons relevées se rapportent ordinairement à des absences aux séances du consistoire.

Le dimanche qui précède la communion est particulièrement solennel. Chaque ancien s'accuse devant les autres, c'est ce qu'ils appellent « procéder aux censures ». D'ailleurs, ils sont d'une discrétion parfaite. Ils se gardent d'inscrire dans les registres ce qui pourrait porter atteinte à l'honneur de leurs semblables; faute confessée, faute oubliée. Après cette confession mutuelle, ils s'exhortent les uns les autres « à continuer de » faire leur devoir » (42, 62).

Nous n'avons relevé que trois cas graves à la charge d'anciens: le premier pour avoir refusé la charge de diacre, se laisse priver des sacrements plutôt que de revenir sur sa décision (p. 1) ; un autre pour des paroles injurieuses qui ont scandalisé la compagnie (p. 31); un troisième, pour avoir refusé de s'associer à l'acte par lequel l'église protestait contre l'obligation que Ton voulait faire aux habitants « de la Religion », de contribuer aux frais de la fabrique catholique (66, 69, 70).

Voyons-les à l'œuvre. La charge du consistoire, selon la discipline des églises du Béarn, « est de prendre garde que la » doctrine soit bien et purement administrée et les scandales » répurgés du troupeau 1 ». Commençons parle côté positif de sa mission, le maintien de la doctrine par le culte et l'école.

4° Culte et maintien de la Foi.

C'est dans le temple, qui portait et porte encore le nom de Béthel (maison de Dieu), que se faisaient à Osse tous les actes du culte. C'est là que tous les dimanches se réunissait le consistoire. C'est là enfin que l'église se réunissait en corps quand il fallait prendre des décisions importantes.

Le consistoire intervenait parfois pour le choix du pasteur. Ainsi l'ancien Margalotte traite de la part du consistoire avec le pasteur Mauzy, lequel choix est ratifié par le synode, qui charge le pasteur Diserote d'Oloron de l'installer dans ses fonctions (19). De même, le sieur Latourrette alla traiter de la part de l'église avec le proposant Josué Médalon, qui reçut en conséquence

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