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L'INTENDANT FOUCAULT EN BÉARN

1er MARS 1684 — FIN AOUT 1685.

« Louis XIV haïssait les protestants, nous dit un historien moderne S comme hérétiques et comme suspects d'aimer peu le pouvoir absolu. » Il résolut d'abord de leur refuser toute faveur, et fut entraîné par zèle religieux à céder aux instances du Clergé, en les frappant par des mesures de rigueur, dans le but de les réduire entièrement. On leur interdit les carrières libérales, on enlève leurs enfants, on achète leur conscience à prix d'argent, et enfin Louvois recourut à des moyens plus persuasifs encore. Il « imagina d'y mêler du militaire », c'est-à-dire de les forcer, en faisant loger chez eux à discrétion des gens de guerre. C'est ce qu'on a appelé les dragonnades.

Foucault eut la triste gloire d'y procéder d'une manière systématique et obtint par là en trois mois la conversion des 30.000 protestants du Béarn.

Aidé par le Clergé, qui ne laissait aucun prétexte pour soulever contre les réformés l'action de la justice en dénonçant les ministres qui, dans leurs prêches, parlaient mal de l'église romaine, et par le parlement qui rendait des arrêts d'interdictions contre les temples où se rencontraient des relaps ou des bâtards (qui par une ordonnance n'avaient pas le droit d'être de la religion), l'intendant eut bientôt interdit à peu près partout le culte réformé. On sait que le ministre d'Osse, Pierre Peyret, avait été décrété en novembre 1684 pour avoir enfreint les

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