‹ OsseChapitre 92 sur 132 · V. Duruy. Histoire de France · texte numérisé non relu

V. Duruy. Histoire de France

ordres de Sa Majesté « en prêchant dans des maisons particu- » lières et cela en des lieux où l'exercice était interdit 1 », de sorte que le culte était supprimé à Osse. Ce fut justement pour cela que Foucault maintint ce seul temple dans la sénéchaussée d'Oloron. « J'affectai, dit-il, de ne laisser suhsister que les » temples, justement au nombre de cinq, dans lesquels les » ministres étaient tombés dans des contraventions qui empor- » taient la peine de la démolition du temple, dont la connais- » sance était renvoyée au parlement, de sorte que, par ce » moyen, il ne devoit plus rester de temple en Béarn. »

C'est le 26 février 1085 que fut enregistré par le parlement de Navarre l'édit qui réduisait à cinq les vingt temples maintenus par l'édit « perpétuel et irrévocable » de 10(38.

Le temple d'Oloron, d'après la délibération du Corps de ville, fut démoli sans délai. Celui d'Osse devait servir pour tous les protestants de la sénéchaussée. Il est peu probable que jamais les 500 protestants d'Oloron, pas plus que ceux des environs, aient profité des avantages de cet édit. Sans parler des diflicultés d'accès par des chemins de montagne et de la grande dislance (20 kil. d'Oloron), le temple, qui avait les mêmes dimensions qu'aujourd'hui, était juste assez grand pour la population du lieu : les étrangers y auraient difficilement pu trouver place. Il est vrai que Foucault tournait cette difficulté en disant que les ministres (là où il y en avait encore) pouvaient « faire plus d'un prêche par jour » et qu'ainsi il n'était pas nécessaire d'agrandir les temples maintenus ajoutant que « l'instruction du roi est » de rendre difficile et incommode l'exercice de la dite religion » à tous ceux qui la professent dans son royaume 2 ».

L'édit tolérait deux ministres pour chaque temple, à la condition qu'ils feraient leur résidence au siège de chaque église, sans pouvoir prêcher ailleurs, sous peine d'interdiction. Foucault admet bien qu'on accorde un second pasteur à Osse, en attendant qu'on juge le procès du sieur Peyret, mais il propose d'y envoyer le sieur Goulard, ministre d'Oloron, « qui donnait quelque

1. — Pour ce chap. voir Soulico : L'Intendant Foucault, /" Révocation, .Bulletin de l<i Soc. des Se, Lett. et Arts fk l'un, 2 série. U>DM XIV.

Page 1