XVIII ETUDE CRITIQUE
élé conservées avec soin dans les archives de VHighland society à Edimbourg. La commission a reçu en même temps plusieurs collections manuscrites de poésies anciennes, dont les unes sont étrangères au recueil de Mac-Pherson, les autres tout à fait semblables aux pièces correspondantes de ce recueil, et d'autres où l'on remarque 'seulement des différences considérables qui prouvent que ces poésies variaient souvent dans les différents manuscrits. Mais le tout ensemble se lie en faveur de leur antiquité et de leur cachet original.
Le rapport du président de l'Highland society forme un volume in-8" de 500 pages; toutes ses parties sont appuyées de la publication des pièces justificatives. Voici quelles en sont les conclusions :
« La commission a dirigé sur deux points principaux toutes ses recherches :
a 1° Existait-il autrefois, dans les montagnes d'Ecosse, une poésie généralement connue sous le nom d'ossianique , nom dérivé de l'opinion universelle où l'on était que son principal auteur était Ossian , fils de Fingal? — De quel genre était cette poésie, et quel en était le degré de perfection?
a Sur ce point . la commission affirme avec confiance que cette poésie ossianique a existé, qu'elle a été commune, généralement et abondamment répandue en Ecosse, et qu'elle était d'un genre très-frappant et très-propre à laisser une impression profonde.
oc 2° Jusqu'à quel point le recueil de ces poésies, publié par James Mac-Pherson, est-il véritable et authentique?
a II est plus difficile de répondre à ceci d'une manière décisive. Dans les poëmes, ou fragments de poëmes originaux, que la commission a pu se procurer, on trouve souvent la substance et quelquefois même l'expression presque littérale des poëmes traduits par Mac-Pherson. Mais elle n'a pu obtenir aucun poëme manuscrit dont le titre et la teneur fussent entièrement les mêmes que dans cette traduction. Elle est portée à croire que Mac-Pherson était dans l'usage de remplir les lacunes, de lier des morceaux séparés, en insérant des passages qui ne se trouvaient pas dans le même texte, en corrigeant, adoucissant et suppléant ce qu'il y trouvait de rude ou de défectueux , changeant ce qui lui paraissait trop simple ou trop dur pour des oreilles modernes, et relevant ce qui. dans son opinion, était au-dessous du caractère d'une bonne poésie. La commission ne peut déterminer jusqu'à quel point il a usé de ces libertés.
a Dans le temps où il rassembla sa collection . il avait . pour se procurer, soit verbalement, soit par écrit, les textes originaux, des facilités que l'on n'a plus, que personne ne peut plus avoir. La commission croit apercevoir, dans quelques-uns dos morceaux de la traduction, plus (le fidélité que dans d'autres à rendre les fragments origina\ix qu'elle a pu se procurer. Fingal, par exemple, lui paraît beaucoup plus exactement rendu que la Guerre de Témora; ce qu'elle attribue à ce que Mac-Pherson , qui était tout à fait inconnu quand il publia le premier de ces deux poëmes, fut. beaucoup moins confiant.