‹ Ossian, barde du troisième siècleChapitre 18 sur 89 · XX ETUDE CRITIQUE · texte numérisé non relu

XX ETUDE CRITIQUE

en 1793, et avait laissé au collège de Douai son manuscrit, formant un volume in-folio, d'une écriture fine et serrée. M. Mac-Gillivray l'y avait encore vu jusqu'en 1795: mais dès ce temps-là. ayant souvent passé entre les mains des écoliers . il était en ma ivais état . et plusieurs feuillets s'étaient détactlés et perdus: le dernier recteur du collège se rappelait en avoir vu souvent depuis arracher des feuilles pour allumer du feu. Ce manuscrit a fini par être entièrement détruit.

M. Mac-Gillivray demeurant aussi à Edimbourg, M.John Sinclair lui adressa une série de questions claires , catégoriques et précises , sur ce fait important. Il fit la même démarche près d'un autre évêque, M.John Chisholm , que M. Cameron lui avait indiqué comme également instruit de ce qui regardait le manuscrit de Douai. Tous deux écrivirent des réponses affirmatives dont le fond est à peu près le même. Le premier surtout est entré dans des détails les plus circonstanciés sur le temps où ce manuscrit avait été rédigé en Ecosse; sur l'époque où il l'avait vu, pour la première fois, à Douai; sur la comparaison que faisait souvent son propriétaire, M. Farquharson, des poèmes qu'il contenait avec la traduction de Mac-Pherson, depuis le moment de sa publication, comparaison qui n'était presque jamais avantageuse pour le traducteur, et dont il résultait que tout ce que Mac-Pherson avait publié était dans ce recueil, mais qu'il y avait de plus un assez grand nombre de poëme* qu'il avait eu le tort de négliger; enfin sur les dégradations successives que ce recueil avait subies, et sur son entière destruction, a II n'y a donc point dans l'histoire, selon l'expression de sir John Sinclair, de fait plus avéré que l'existence de ce manuscrit écossais à Douai, antérieurement à la traduction de Mac-Pherson ; il n'y a rien qui prouve mieux l'authenticité des poésies ossianiques. »

Peu de temps après que la traduction eut paru, Mac-Pherson fut obligé d'abandonner ses travaux poétiques pour accompagner le gouverneur Georges Johnston aux Florides. On voit par un extrait du journal de M. John Mac-Kensie , son exécuteur testamentaire, qu'il emporta avec lui les manuscrits originaux qu'il avait recueillis des poésies gaéliques, et que c'est à cela qu'il faut attribuer la pe.te ou totale ou partielle de quelques-uns des plus petits poëraes d'Ossian.

Il revint en Angleterre en 1766; les liaisons politiques qu'il avait formées le tinrent éloigné de tout travail littéraire de quelque importance, jusqu'en 1771, qu'il publia son Introduction à l'histoire de la Grande-Bretagne et de l'Irlande. Cependant sa traduction d'Ossian lui avait fait une réputation qu il crut augmenter en traduisant dans le même style, et en prose poétique, V Iliade d'Homère. La chute éclatante de celte malheureuse tentative, mise au jour en 1773, le dégoûta pour longtenii)s de la poésie. Depuis cette épûi|ue jusqu'à sa mort, en février 1796, il fut entièrement occupé , soit de discussions politiques, soit des affaires du nabab d'Arcot, qui l'avait établi son agent en Angleterre , et au service duquel il fit une fortune considérable. Son

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