UUin , ancien nom de l'Ulster, province d'Irlande
ri2dn. Il était assis sur un rocher de la grève, et ses troupes roulaient, comme une nuée d'orage, autour de lui.
ce Chef des guerriers, lui ai-je dit, tu portes avec gloire le K nom de puissant parmi les hommes ; mais une armée redou- « table te défie sous les murailles de Tura. »
(( D'une voix semblable au bruit d'une onde furieuse , Swaran me répond : a Eh ! qui dans ces plaines marcherait mon égal ? Les « héros ne peuvent soutenir ma présence ; mon bras les semé c( dans la poussière. Nal autre que Fingal, le roi des Collines « Orageuses, n'ose affronter Swaran dans les combats. Une fois, a nous avons lutté sur la colline de Malmor; et le sol de la forêt « fut labouré sous nos pas. Les roches roulaient arrachées de « leur base, et les torrents, changeant leur cours, fuyaient de « leur lit en grondant. Trois jours entiers nous recommenc: çâmes le combat; nos guerriers attendaient à l'écart, immo- « biles et glacés d'eflfroi. Au quatrième jour Fingal leur cria : « Le roi de l'Océan est tombé ! — // est debout, répondit Swaran. « Moran, fils de Fithil, va dire à Guchullin qu'il cède au héroé « qui brise tout sur sa route, comme les tempêtes de Malmor.
— Jamais, s'écria Guchullin, jamais je ne céderai à un homme! Va, Moran, va frapper de ma lance le bouclier sonore de Gaïrbar * qui est appendu aux portes de Tura. Que seS sons réveillent l'esprit de la guerre** : on l'entendra sur les montagnes. »
Moran part, il frappe le bouclier : les hauteurs et les vallées répondent; les échos s'étendent dans la forêt; le cerf tressaille au bord des lacs solitaires. Déjà Gurach se lève, s'élance de roche en roche, et Gonnal, après lui, brandit sa pique sanglante. La large poitrine du beau Grugal se gonfle et palpite; le fils de Favi a déjà quitté le noir sommet de sa colline.
(( G'est le bouclier de la guerre ! s'écrie Ronnar.
i. (irand-père de Guchullin , si renommé pour ga valeur, que ses descendants se servaient de son bouclier pour se donner le signal du combat. Nous verrons Fingal faire le même usage de son bouclief. On se servait ordinairement d'une espèce de cornemuse pour assembler l'armée; nous avons toujours traduit par trompette, ou par cor.
2. Il y avait sur leurs boucliers plusieurs bosses, dont les sons différents annonçaient les ordres du général. On frappait les unes en signe de paix, et les autres en signe de guerre. Voyez la description du bouclier de Fingal dans le poëme de Temora.
— C'est la lance de Cuchullin, dit Lugar. Enfant de la mer, Calmar, prends tes armes, revêts l'acier qui flamboie! Debout, Puno, héros terrible! lève-toi, Gaïrbar, sors des forêts de Cromlal plie tes genoux d'albâtre, ôEth, descends du bord des torrents de Lenal Caolt, déploie tes muscles de fer, et courbe sous tes pas la bruyère de Mora : tes flancs sont blancs comme l'écume de la mer, lorsque les vents du nord fouettent les vagues sur les écueils de Cuthon. j>
Tous les chefs de tribus ' sont rassemblés : fières de leurs premiers exploits, leurs âmes s'enflamment au glorieux souvenir des siècles passés; leurs regards de feu cherchent l'ennemi. Leurs mains nerveuses serrent la poignée des glaives, et l'éclair jaillit de leur armure. Les voilà qui descendent du haut des monts. Les chefs s'avancent étincelants; les guerriers suivent, sombres et silencieux : tels on voit les nuages pluvieux s'amonceler derrière les météores du ciel. Le cliquetis de leurs armes fait vibrer les airs, et leurs dogues excités y mêlent de longs aboiements. Toutes les voix entonnent l'hymne des combats, et les échos du Gromla le redisent au loin.
Parvenue au sommet du Lena, la troupe s'étend sur les bruyères; on dirait un brouillard d'automne, lorsque, rassemblant ses flocons épars dans la plaine, il monte sur les collines obscurcies, et, de leur cime, élève peu à peu sa tète dans les cieux.
(c Salut, dit Cuchullin, salut, fils des vallées, et vous, chasseurs des grands bois : d'autres travaux se préparent ; car l'ennemi nous presse et nous envahit comme ce flot destructeur qui ronge nos rivages. Combattrons-nous, enfants de la guerre, ou céderons-nous au roi de Loclin * les vertes plaines d'InisfaiP ? Parle, ô Connal *, toi, le premier des braves, toi qui brisas tant de bouchers; tu as plus d'une fois frappé de
i. C'est Ossian qui parle. On le voit tantôt historien, tantôt acteur dans le poëme.