‹ Ossian, barde du troisième siècleChapitre 31 sur 89 · LES BARDES · texte numérisé non relu

LES BARDES

Roule, impétueux Garron, roule avec un bruit joyeux tes flots écumants. Les ennemis ont fui, leurs superbes coursiers ne foulent plus nos champs, leur aigle orgueilleuse ' va planer sur d'autres contrées. L» soleil désormais va éclairer les loisirs d'une douce paix ; chaque nuit versera sur nos yeux les parfums du sommeil; on n'entendra plus que les cris de la chasse, et nos boucliers resteront suspendus aux voûtes de nos demeures. Si nous combattons encore, ce sera contre les fils de l'Océan : cette guerre sera pour nous comme un jeu, et nous

4 . Il y a dans l'original, les ailes d<r leur orguril , c'esl-à-dire l'aigle romaine.

COMALA. 69

teindrons nos mains du sang des fils de Loclin. Roule , impétueux Garron, roule avec joie tes flots blanchissants. Les ennemis ont fui comme les ombres du crépuscule aux approches de l'aube !

MELiLCOMA , n'inclinant vers Comala qui meurt de l'excès de sa

joie.

Descendez des cieux, brouillards légers; et vous, pâles rayons delà lune, élevez dans les airs l'âme de la jeune vierge; elle est couchée muette, inanimée, sur la roche solitaire.... Comala n'est plus !

Hélas ! Est-elle morte, la fille de Sarno, celle qu'avait choisie mon amour? Viens me visiter, tendre Comala, quand je serai assis seul au bord de mes ruisseaux.

HIDALLAN.

On ne l'entend donc plus, le chant si doux de la chasseresse de Gona? Pourquoi ai-je porté le trouble dans son âme? Je ne la verrai plus poursuivre à la chasse les biches aux pieds légers!...

Jeune homme au sombre regard, tu ne viendras plus t'asseoir à mes fêtes, tu ne suivras plus ma chasse, et mes ennemis ne tomberont plus sous tes coups *.... Conduisez-moi vers le lieu où repose ma bien-aimée; que je contemple encore sa beauté.... Elle a pour dormir son dernier sommeil un lit de bruyères. Le souffle glacé des vents soulève sa blonde chevelure et fait gémir la corde de soii arc; sa flèche s'est brisée sous le poids de son corps. Chantez, ô bardes, chantez les louanges de la fille de Sarno; faites redire aux échos de la montagne le nom chéri de Comala I

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