LES
PLAINTES DE MINVANE.
Ryno, fils de Fingal, qui fut tué, en Irlande, dans la guerre contre Swaran, était admiré pour sa beauté, sa légèreté à la course, et pour ses faits d'armes. Minvane , sœur de Gaul, tant célébré par Ossian, aimait Ryno. Sa complainte sur la mort de son amant formait un épisode d'un long poème, mais c'est le seul fragment qui soit parvenu jusqu'à nous. Le barde représente Minvane sur un rocher ; elle voit arriver d'Irlande la flotte de Fingal.
Minvane, éplorée et les cheveux épars, se penchait du haut du rocher de Morven sur la vaste étendue des mers.
Elle vit nos jeunes guerriers revenir couverts de leurs armes brillantes :
« Où es-tu, Ryno ? s'écria-t-elle d'une voix plaintive ; où estu, mon bien-aimé?... »
Nos regards, tristes et baissés, lui disaient que Ryno n'était plus, que Tombre de son héros s'était envolée dans les nuages, qu'on entendait sa faible voix murmurer avec le zéphyr dans les hautes herbes des collines.
<r Quoi! le fils de Fingal est tombé dans les vertes plaines d'UUin! le bras qui l'a terrassé était donc bien puissant ! Et moi, hélas ! je reste seule et délaissée !...
« Non, je ne resterai pas seule; ô vents, qui soulevez ma noire chevelure , je ne mêlerai pas longtemps mes soupirs à vos sifflements.
« Je veux dormir à côté de mon cher Ryno, dans la même tombe. Je ne te verrai plus, mon unique aimé, revenir de la chasse-, brillant de jeunesse et de beauté. L'ombre de la nuit environne le héros chéri de Minvane, et le silence habite avec Ryno sous la terre.
<c Où sont tes dogues fidèles? où est ton arc, ton bouclier impénétrable ? Qu'as-tu fait de ton glaive éclatant comme le feu du ciel, de ta lance fatale aux ennemis?