‹ Ossian, barde du troisième siècleChapitre 59 sur 89 · CINQUIÈME BARDE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME BARDE

Oui, la nuit est plus calme, mais l'horizon n'est-il pas menaçant? La lune est assise sur un nuage du couchant; sa pâle clarté s'incline peu à peu le long de la colline, qui s'obscurcit par degrés. On entend le bruit sourd des vagues éloignées. Le torrent murmure sur le rocher; le coq chante.

La nuit a franchi le milieu de sa course : le pâtre s'éveille dans l'obscurité, et va ranimer le feu caché sous la cendre. Le chasseur croit que le jour approche; il appelle ses dogues, qui accourent et bondissent devant lui.

Il monte en sifflant sur la colline : une bouffée de vent écarte les nuages ; le char étoile du Nord se découvre à sa vue. Mais l'aube est loin encore : il se couche et sommeille sur la mousse du rocher.

Écoutez ce tourbillon qui courbe la forêt et creuse les ombres du vallon : c'est l'armée des morts qui chevauche sur le;5 nuées.

Voyez , la lune s'est cachée derrière la colline ; son dernier regard argenté de pâles reflets les sommets obscurcis. L'ombre des arbres s'allonge encore : maintenant tout est redevenu ténèbres.

La nuit est noire, silencieuse , effrayante ; ô mes amis , recevez-moi, sauvez-moi de ces présages !

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