L INCENDIE DE TURA
bride éclatante? Quel autre serait-ce que Fingal, chef de Morven ? 0 Fingal, la gloire qui t'environne est plus resplendissante que les rayons de soleil. Des milliers d'hommes se réjouissent à ta vue; le sourire de la paix réside sur ton front. Tes regards ont la sérénité du lac immobile; ils ressemblent à la rivièrg de Gona, dans les soirées printanières où ses habitants bondissent au-dessus de ses flots pour saisir les moucherons dans leur vol. Mais ceux de qui le front est calme durant la paix ont été semblables à la tempête dans la chaleur des combats. Étrangers des terres lointaines, vous avez fui devant eux. Rois du Monde, vous avez tremblé en leur présence. Vos guerriers reparaissent dans vos murs sans leurs coursiers, sans leurs armes brillantes. En quel lieu ont-ils laissé leurs armes ? Demandez-le aux enfants des montagnes ; ils pourront vous le dire 1 Vos guerriers se taisent de douleur et de honte. Aucun barde n'a célébré leurs noms. Aucune vierge n'accourt au-devant d'eux avec sa harpe. Les vierges de vos contrées se cachent e«, pleurent, car leurs amants ont cédé leur gloire à Fingal. Oui, vierges des terres lointaines, vos larmes sont justes; vous avez raison de trembler, rois du Monde 1 Mais les filles de Morven seront dans la joie; elles salueront leurs amants, les héros de leur patrie, avec le concert des voix et des harpes !... »
Tel fut, dans ce jour d'allégresse, le chant des filles de Morven. La joie qui brillait sur leurs fronts était semblable aux rayons du soleil couchant, réfléchis sur une colline parée de bocages, et la paix de leurs cœurs, semblable au feuillage verdoyant des chênes , lorsqu'il se penche immobile au-dessus des eaux du Lubar.
Vos harpes ne furent point muettes, ô bardes, sur les murs de Tura. Vos voix joyeuses retentirent , et leurs sons frappèrent les échos des vallons lointains. Le chêne embrasé porta sa flamme dans les airs. Le voyageur, que la nuit couvrait de ses ailes noires, aperçut sa lueur, et cette vue le réjouit. Il connaissait la demeure du chef. « Nous passerons la nuit dans les murs d'où part cette clarté", dit-il à ses compagnons; la porte de Fingal est toujours ouverte. Son palais se nomme la maison de l'étranger*. »
4 . Il va peu d'années que le» montagnards d Ecosse avaient encore h
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On servit le banquet. Fingal s'étonna que, de la profondeur obscure des bruyères, aucun étranger ne fût venu s'asseoir à sa table.
« Je veux , dit-il , écouter si j'entendrai le pas de quelque voyageur. » Il se lève , il trouve à la porte un vieux barde appuyé sur un tronçon de lance. L'airain ne brille plus sur cette arme émoussée , car son maître a fourni sa carrière belliqueuse. Il a accompli le nombre de ses batailles, et leur bruit est pour jamais apaisé.
Fingal introduisit l'étranger. Nous vîmes ses yeux rougis par les larmes : nous reconnûmes la trace des pleurs le long de ses joues profondément sillonnées. Aux deux côtés de son visage pendait sa chevelure rare, qui se mêlait avec la barbe blanche flottant sur sa poitrine. Il était suivi d'un jeune inconnu, plongé dans l'abattement.
Nous nous levâmes pour leur faire place; nous leur dîmes de prendre part à notre banquet; nous tâchâmes, par notre joie , de bannir leur tristesse. Mais leur tristesse ressemblait au nuage qui repose souvent, le matin, vers le sommet des montagnes, et que le soleil n'a pas la force de disperser.
Enfin le vieillard prit sa harpe, et nous prêtâmes l'oreille à ses accords :
Sitharma, dit-il, était un chef des îles. Son palais s'élevait sur les bords du Gormluba, dont les flots d'azur réfléchissaient ses tours grisâtres. Des montagnes, des bois antiques, l'abritaient contre l'orage. Cinquante fois les chênes avaient épanché leurs feuilles jaunies sur la tête de Sitharma, et autant de fois il avait fait remarquer à ses vassaux la rapidité des jours de l'homme. «Nous nous fanons, disait-il, comme l'herbe des montagnes; nous nous desséchons comme le feuillage des chênes. La vie a quatre saisons qui roulent sans cesse, comme celles de l'année. Les uns meurent dès leur jeunesse , comme un bouton brisé par le vent; d'autres tombent comme la
coutume de regarder, chaque soir, sur la route, s'il arrivait un étranger, avant de fermer la porte de leur demeure. Mais je ne sache pas que cet usage dure encore. L'hospitalité, qui, chez les anciens et chez les barbares, fui une loi naturelle incontestée, n'était plus guère qu'une vertu aux temps des châteaux et des cloîtres du moyen ûge; puis elle a disparu peu à peu, avec tant d'autres traditions.
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feuille que le chaud du jour a brûlée. Plusieurs, tels que ma bien-aimée , expirent sous l'humide climat de l'automne , et bien peu atteignent, comme moi, l'hiver de la vieillesse 1 Puisque notre durée est si peu certaine, vivons pour la gloire fugitive que chaque jour peut donner !.., »
Sitharma se contentait des chevreuils de ses montagnes. Il ne cherchait point à boire d'autres eaux que celles de son fleuve azuré. Quand les faibles imploraient son assistance, son glaive sortait du fourreau pour les défendre. Les infortunés se rangeaient sous son bouclier et disaient : « Ici nous n'avons rien à craindre ! s
Un jour, la discorde sépara deux amis : Duarma voulut la mort de son frère. L'offensé obtint le secours de Sitharma; mais le farouche Duarma fut victorieux. Talmo roula dans son propre sang, et Sitharma, l'ami du faible, sentit sa force épuisée. Duarma vint près des bords du Gormluba. Sitharma avait un fils encore jeune. Au déclin du jour , Tenfant aperçut les étrangers qui traversaient la bruyère : il courut au-devant d'eux, car il avait l'âme de son père. Il aimait la présence de l'étranger, comme une branche verdoyante aime les pluies printanières. Il fut frappé du nuage sombre répandu sur le front de Duarma; mais, lui tendant sa petite main : ce Le banquet est servi, lui dit-il ; pourquoi ton front serait-il ombragé par la tristesse? » Duarma ne répondit rien ; il lève sa lance : l'enfant essaye de fuir : mais hélas! il tombe mortellement frappé sur le seuil paternel. Sa vie s'échappe avec son sang, qui rougit la lance de Duarma.
Sa sœar le voit tomber : elle voit le meurtrier franchir le seuil du palais. Quel parti prendra-t-elle? a Vieux barde, s'écrie-t-elle , ne saurais-tu me servir?...'» Une lance à demi rompue soutient le bras desséché du vieux barde. Civa-Dona éperdue se tourne de l'autre côté. Là était une fenêtre, d'où les vierges, ses compagnes, regardaient souvent leurs charmes réfléchis dans l'onde. Elle l'ouvre et se précipite dans le fleuve.
Le barde tremblant va vers la porte avec sa harpe. Il marche , comme le vieux guerrier qui conduit son petit-fils au tombeau. Le sang de Crigal avait rendu le seuil glissant : le barde chancelle et tombe. Duarma lève sa lance pour le frapper; mais Crigal mourant lui crie : a C'est le barde I > Un dogue
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accourait en poussant des hurlements ; il reçut dans le flanc un coup mortel.
Cependant le palais est en feu, la lueur de l'incendie éclaire la vallée. A cette lueur , le barde cherche Civa-Dona. Il la trouve suspendue à une branche qui traversait le courant. Tous deux placent Crigal dans sa couche ténébreuse. Elle prend ensuite les habits de son frère, et, accompagnée du vieux barde, elle va implorer secours et vengeance!... Chef de Morven,.ces deux infortunés sont devant toi. Accorde ton assistance à la jeune fille et au vieillard!...
Le barde se tait. Civa-Dona se retire avec les vierges de Morven , comme une étoile se cache derrière un nuage , après que son disque vaporeux a faiblement brillé dans la nuit de la tempête. Lorsqu'elle couvrit sa tête du manteau de son frère, nous y reconnûmes l'empreinte sanglante de la lance de Duarma.
Des larmes paraissent dans les yeux de Fingal. Il les essuie avec ses cheveux blancs. Ses héros ne songent plus au banquet. Fresdal s'écrie : « Donnez-moi ma lance I
— Le jour se lève sur les collines, dit Fingal. Nous dirigerons notre course vers les forêts d'Ardven. De là, dix guerriers se rendront aux salles de Duarma , et celui de nos jeunes gens que Civa-Dona aura distingué demeurera près d'elle. »
Nous courons, aussi légers que les ombres qui fuient la présence du jour. Le seul Gara demeure, pour que des ennemis, survenant à l'improviste, ne causent point d'alarme aux filles de Morven.
Veuve de mon Oscar, pourquoi ce sanglot? Leur habitation est encore celle de la joie. Malvina, sèche donc tes larmes, et accompagne de ta voix ce qui me reste à raconter. Le chant de la douleur, ô Malvina, coule ainsi qu'un fleuve. Il dissout l'âme des braves et l'entraîne dans sa course ténébreuse ; son murmure plaît, malgré sa tristesse.
Ne te souvient-il plus, ô Malvina, de la beauté de l'étrangère, au moment où le soleil parut dans son éclat? Oui, car tu l'accompagnas jusqu'aux chênes d'Ardven, montée sur ton coursier, et tu chassas avec Fingal. Nous admirâmes les attraits de Civa-Dona, lorsque, semblable à la lune, tu te retiras derrière la montagne. Elle brillait comme brille une ^étoile
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sur la frange d'une nuée. Mais qui eût admiré cette étoile, pendant que la lune se montrait à découvert? Cependant l'étoile de Gormluba était belle.
Les rangs de perles que renfermait la bouche de Giva-Dona étaient d'une blancheur éblouissante, et sa peau délicate, semblable au duvet des collines. Des anneaux entrelacés ornaient son col charmant ; ses deux globes d'amour s'élevaient ainsi que deux collines parées de leurs toisons de neige. La plus pure mélodie animait ses accents. L'incarnat des roses pâlissait à côté de ses lèvres; l'écume des fleuves perdrait son éclat à côté de ses blanches mains.
Jeune fille de Gormluba, quelles expressions peindraient ta beauté? Tes sourcils, légèrement dessinés, avaient les reflets de l'ébène; tes joues ressemblaient au fruit du frêne des montagnes, et ta blonde chevelure, au sommet d'une colline où s'arrêtent des nuagfes d'or, après le coucher du soleil. Tes yeux étincela^.ent comme les rayons de cet astre, et les grâces de tes formes ofi'raient le modèle de la perfection. Les héros, charmés à ton aspect, firent pour toi les vœux les plus brûlants.
Nous arrivons au palais de Duarma; Duarma s'était enfui : il avait ouï parler de la gloire de Morven. Son père, étendu sur l'herbe, avait le coude appuyé sur une pierre grisâtre et la tête posée sur sa main. Sa barbe blanche traînait dans la poussière; de profonds soupirs soulevaient sa poitrine, et ses tristes yeux étaient rougis par les larmes. Lorsqu'il nous entendit approcher de la tombe de Talmo, il s'écria : t Mon fils, mon fils, est-ce ton ombre que j'entends passer ? » Nous eûmes pitié des chagrins du vieillard, et nous lui laissâmes une partie des dépouilles.
Nous gagnons la demeure de Sitharma. Elle était obscure et déserte ; le renard se levait du sein de ses ruines , et le hibou sommeillait dans les fentes de ses murs brisés. Nous regardâmes si nous verrions la fenêtre par où s'était échappée Giva-Dona. Mais elle était tombée : le fleuve écumeux passait en grondant sur sa ruine. Nous vîmes l'endroit où le seuil avait été empreint du sang de Grigal. Il en était resté dans le creux de la pierre qu'avait usée la multitude des hôtes. Civa-Dona était triste ; mais nous laissâmes Fresdal pour la consoler : c'était lui qui avait obtenu son amour.
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Fingal nous attendait encore sur Ardven : le cerf qu'il avait tué composa son banquet. Le sommeil descendit avec l'obscurité. Les ombres nous offrirent dans nos songes leurs images les plus désastreuses. Les harpes de leurs bardes rendaient un son pareil aux chants funéraires ; ils nous parvenaient comme les voix fantastiques qui parcourent les montagnes, en annonçant l'orage. Elles s'arrêtaient sur nos têtes en brouillards obscurs et sans formes ; puis le vent , soufflant par bouffées impétueuses , roulait devant lui tous leurs membres ; mais elles reparaissaient presque aussitôt , et se penchaient sur nous avec des soupirs lugubres.
Le sommeil de Fingal avait cessé. Trois fois il avait été interrompu par les gémissements des ombres. Il gravit la montagne pour distinguer leurs paroles. De son sommet, il regarde autour de lui. Il voit des colonnes de fumée s'élever jusqu'aux étoiles. Il voit les flammes croiser leurs pointes d'un rouge sombre au-dessus de son palais. Il frappe son bouclier, il s'écrie : «r Tura est en feu ! . . . »
Ce cri foudroyant nous éveille tous à la fois ; nous volons, comme l'éclair, sur la bruyère de Golra. Un torrent nous arrête; chacun le franchit à l'aide de sa lance. Le fils de Rutho chancelle en voulant s'aider de la sienne : « Ne prenez pas garde à moi, nous dit-il ; courez, ô mes amis, et sauvez celle que j'aime ! » Deux fois il lève son front pâle au-dessus des eaux ; mais à la troisième il s'enfonce et meurt.
Nous arrivons devant Tura : mais il était trop tard!... Déjà les flammes cachaient leurs têtes sous les cendres ardentes. Les décombres tombaient par monceaux sur les charbons presque éteints. La porte, consumée à demi, était encore fermée, comme l'avaient laissée les filles de Morven, à l'heure de leur sommeil. Hélas! pourquoi n'en trouvèrent-elles pas le chemin, lorsqu'elles furent éveillées par l'éclat de la bruyère en feu? Jamais, ô filles des montagnes, la douce voix du matin ne dissipera votre sommeil. La voix d'un amant ne dira plus à aucune d'entre vous : « Éveille-toi, ma bien-aimée!... »
Le dos tourné aux ruines, tristement appuyés sur nos lances, nous déplorons à haute voix notre perte. Nos cent casques et nos cent boucliers , nos cottes de maille , nos glaives flamboyants, nos cent dogues, jeunes compagnons de nos chasses, les rênes ouvragées avec art, qui nous servaient à diriger nos
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coursiers, nos bannières, ces météores verts et pourprés qui flottaient dans l'air au jour du combat, tout fut oublié dans ce moment. Personne ne se souvint de tant de richesses enfermées dans Tura. L'explosion de notre jiouleur fut pour nos cent belles épouses et pour leurs enfants au berceau!
Tendre bocage d'arbres en espérance, qui croissiez dans vos robes de verdure aux rayons favorables, aux douces pluies du printemps, la flamme avait gagné vos cimes touffues, et renversé votre beauté dans la cendre!
Malvina, douce compagne de mes derniers jours, tu pleures, tu ne veux pas qu'on te console, car tous les brillants rayons qui accompagnaient ta course sont éteints. Un tombeau lugubre contient les restes de tes sœurs !
Nous demeurâmes ainsi tout le jour , comme un fleuve enchaîné dans son cours par le souffle d'un vent fatal. L'obscurité allait nous surprendre, si une voix ne nous eût tirés de cette léthargique douleur : c'était Ja voix de Gara. Nous le cherchâmes dans la tour où il avait sommeillé. Il n'y était pas. Ses cris partaient du fond d'un souterrain. Là , tristement étendu, il s'abandonnait au désespoir.
Parmi des songes agités, le pétillement des flammes était parvenu à son oreille. Il avait cru que l'ennemi s'approchait. Soudain le toit s'écroule avec fracas. Il se figure qu'on a frappé le bouclier du chef. Il s'éveille en sursaut. Une partie de sa chevelure s'est prise dans la poutre sur laquelle il a dormi : il l'y laisse avec sa peau déchirée ! Il voit Tura détruit; il ne s'aperçoit pas que son sang coule. Au milieu de son affliction, il oublie sa souffrance. « Vierges chéries, s'écrie-t-il , je ne vous survivrai pas! » Et il tombe expirant sur la bruyère.
Mais, ô Gara, tu ne succombas pas seul au désespoir. Une foule d'autres guerriers achevèrent en peu de temps leurs tristes jours sur leur bruyère sombre et taciturne. Ils se fanèrent comme les feuilles que dévore le souffle ardent de l'été. Ils tombèrent en silence parmi la mousse de la colline. Ainsi que des ombres qui n'ont pas eu leur portion de gloire, ils fuyaient les accents de la joie, ils se retiraient dans leurs cavernes, lorsqu'on faisait rettmtir les concerts de la victoire.
Ma douleur est grande, ô Malvina ! Tu as perdu tes soeurs, belles lumières qui se jouaient sur les montagnes; mais moi,
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je survis à la génération des héros. Je les cherche, en étendant mes mains, au bord des ruisseaux silencieux qu'ils aimaient à fréquenter ; mais je ne trouve que leurs tombeaux. Hélas 1 ces tombeaux mômes seront un jour oubliés. Les enfants des années à venir les chercheront inutilement sur les montagnes.
Je vois le chef des temps futurs debout sur la verte colline où s'élevait Tura. Je vois Gona rouler à ses pieds dans son lit de cailloux; des troupeaux errent le long de ses rives; l'Océan balance au loin ses vagues chargées d'azur ; des îles nombreuses lèvent au-dessus de ses vagues leurs têtes verdoyantes, et le matelot saute de joie en avançant vers la côte.
« Ce lieu est beau, dira le chef des temps futurs. Qu'on m'y bâtisse un palais d'où je voie les baleines et les chevreuils ! ï>
On fouille la terre mousseuse , le sol où fut jadis Tura. Des lances à demi brûlées apparaissent; on découvre des fragments de boucliers parmi des amas de cendre, ce C'est la tombe des héros, dira le chef; refermez leur étroite demeure!... » Puis appelant le barde à cheveux blancs, il lui demandera de qui cette tombe enferme le souvenir.
Le barde jettera autour de lui des regards attristés; car la vieillesse aura obscurci sa mémoire. Il cherchera ses compagnons et ne verra que leurs sépultures. Peut-être sera-t-il abandonné et seul comme Ossian L.. 0 barde ! je suis un arbre isolé sur les monts arides , un arbre que ses compagnons ont quitté l'un après l'autre, et qui, laissant tomber ses rameaux, gémit de la perte de sa gloire !