‹ Ossian, barde du troisième siècleChapitre 81 sur 89 · MAL VIN A · texte numérisé non relu

MAL VIN A

Et les sœurs de Malvina n'étaient-elles pas aussi des arbres verdoyants que l'orage a renversés? Hélas ! à leurs places, il ne croît point de rejetons. Les filles de Morven ne sont plus, et je pleure sur elles toutes mes larmes. Je les cherche pendant le jour, sans retrouver nulle trace de leurs pas; je ne trouve que leurs tombeaux de gazon, chargés de pierres mousseuses. Éplorée, je les cherche durant la nuit; mais ce sont des astres éteints dans les espaces des cieux ! Et moi, je suis comme la pâle étoile du matin, lorsque, d'un air languissant, elle gémit derrière ses compagnes : sa lumière ne tarde pas à s'obscurcir. La chasseresse, se levant sur la bruyère, re-

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garde au ciel et ne la voit plus, a Nous aussi, dit-elle à son. bien-aimé, nous aussi, nous nous éteindrons un jour ! j>

Le cœur d'Ossian est plongé dans la nuit de sa douleur , comme le soleil enveloppé d'un épais nuage : aucun de ses rayons ne se fait jour à travers l'obscurité ; le sommet de la montagne n'est point égayé par son sourire. Le ruisseau, chargé de ténèbres, parcourt tristement la vallée silencieuse. Les héros ont caché leur lumière, qui brillait jadis autour de moi comme la splendeur de mes armes.

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