J. Texte, J.-J. Rousseau..., p
3. Paul Albert, La Litlérature française au XIX° siècle, I, 107.
4. D, Mornet, Les Admirateurs inconnus de la Nouvelle Héloïse (Revue du Mois, 1909).
prises que Rousseau avait frayé le chemin à Ossian. « Grâce à lui, dit-1l, on lut et on goûta Sterne, Ossian, Young, Hervey ou Shakespeare lui-même... qui tous étaient comme lui sensibles, mélancoliques ou lyriques ‘. » Et plus loin dans le même ouvrage : « Rousseau fit en France la fortune d'Young, d’Ossian et de Gray. il avait ouvert la source ; le public français se jeta avec empressement sur ces poètes anglais, dont le génie était si voisin du sien *. » Plus particulièrement en parlant d’Ossian : « Ils ne l’ont entendu [ces milliers de lecteurs] et surtout ils ne l’ont goûté que parce que Rousseau avait écrit’. »On pourrait se demander si Young par exemple, dont le premier succès coïncide avec la publication de la Nouvelle Héloïse, si Hervey même ou si Gray doivent tant que cela à Rousseau. Mais l’historien a eu sans doute en vue l’Young et le Shakespeare de Le Tourneur, publiés huit à seize ans après que Jean-Jacques avait commencé à toucher les âmes. En ce qui concerne Ossian, il paraît évident que seule la traduction de Le Tourneur est ici prise en considération, et que, bien qu’il ait dans le même chapitre donné un résumé des débuts d'Ossian en France, Texte a négligé de tenir compte du mouvement d’opinion dont nous avons enregistré et dont nous allons continuer à enregistrer les preuves. [1 y a coïncidence absolue entre l’œuvre de révélation amorcée par Turgot et poursuivie par Suard,le Carthon de Londres et les Chansons Erses de Diderot, d’une part, et les trois grands ouvrages de Rousseau d'autre part (1760-1762) ; il n’y a pas, il ne peut y avoir influence de l’un sur l’autre. I1 y a un état d’esprit que l’un et l’autre contribuent, dans une mesure inégale, à déve. lopper ou à orienter, et qui en retour assure leur succès- Il est clair, comme le dit ailleurs le même savant, considérant ensemble Shakespeare, Milton, Richardson, Gray, Young et Ossian, que sur Jean-Jacques « l'influence directe de tous ces écrivains se réduit à peu de chose « ». Encore faudrait-il distinguer entre l’auteur de Clarisse et les deux