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Œuvres de Lebrun, II

La mode ossianique 455

ajoute en évoquant cette époque bénie : « Clotilde s’en est allée, hélas ! avec Ossian, avec tant d’autres illusions de ma Jeunesse ‘, » De même l’Hermite de la Chaussée d’Antin place un livre nouveau et qu’il aime « sur un rayon particulier de sa bibliothèque, à côté des poésies d’Ossian, de Clotilde, etc... ». Le général Miollis est un ossianiste fervent. Cesarotti lui écrit (en français) :

Vous tournez donc vos regards avec plaisir sur des pays habités et chantés par notre Barde divin ? Que j'aime à me représenter ce tableau intéressant ! Je vois mon général se promener solitaire sur le rivage, son Ossian à la main, s’entretenant avec lui et la nature dans le plus doux ravissement ; je le vois s’abandonner à la rêverie, fixant les yeux tour à tour sur les vagues et sur les Alpes,et tâchant parfois de les enfoncer dans ces brouillards noirâtres, et brisés par des tonnerres qui s'approchent de plus en plus. Et ne vois-je pas Ossian lui-même qui voltige dans les nues autour de de répondant à vos lectures par le son harmonieux de son * harpe, qu’il accompagne de ses chants touchants, pleins d’une douce tristesse, et entremêlés de quelques gémissements dont vous FOUR bien le sens ‘|

Ceux qui ne sont pas encore généraux, mais qui rêvent de gloire, se promènent à douze ans avec un Ossian dans leur poche, comme le jeune Gustave de Valérie, qui vit « avec les héros, avec la nature * ». C’est Ossian peut-être, autant que les romans effrayants de Lewis, qu'a en vue celui qui écrit :

Des spectres, des tombeaux, de lugubres romans Sont les livres d’Elise, et font fuir ses amants

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