J. Girard, Des Tombeaux, 1801, p
3. Miss Jane Porter, Les Chefs Ecossais,roman historique, trad. fr , 1814, rééditée en 1820. Le roman est de 1809, et annonce en quelque manière
le genre de Walter Scott.
4. Journal des Arts, des Sciences et de la Littérature, 25 juillet 1811 :
Edgard et Elfrida, nouvelle écossaise par Madame B... 5. Alfred de Musset, Œuvres, IX, 95 : Quinzième Revue fantastique (16 mai 1831).
La mode ossianique 457
Cependant Malvina voyait avec une sorte d'intérêt cette antique Calédonie, patrie des Bardes, qui brille encore de l’éclat du nom d'Ossian. Nourrie de cette lecture, il lui semblait voir la forme de son amie à travers les vapeurs qui l’entouraient, Le vent sifflait-1l dans la bruyère, c'était son ombre qui s’avançait.…. Son imagination malade était remplie des mêmes fantômes dont ce pays était peuplé autrefois; son nom même, ce nom porté par la fille d'Ossian, lui semblait un nouveau droit aux prodiges qu’elle espérait *,
La romancière ne connaît guère son auteur si elle croit que Malvina, fille de Toscar, est la fille d’Ossian ; et ce détail doit mettre en défiance contre les jugements précipités en matière d'inspiration littéraire. Voilà un écrivain qui n’a lu Ossian que peu ou mal, elle nous en donne une preuve décisive, et qui pourtant a révélé à beaucoup de lecteurs la couleur et les thèmes ossianiques.
Ces mêmes lecteurs rencontraient assez souvent le nom du Barde et ceux de ses héros dans leurs lectures les plus diverses, Une autre Malvina figure dans un drame qui met en scène le Prétendant *. Un anonyme veut raconter les impressions d’une jeune fille dans la région parisienne : il l’appelle Oïcoma, en fait une « fille d’Ossian », ce qui lui permet de débuter par une Invocation à la Mélancolie *. Le Mercure publie une traduction d’un Voyage en Ecosse : l’auteur, qui est une dame, écrit d’Oban, en juin 1810, qu’elle veut croire à l’existence d’Ossian, comme à celle de Guillaume Tell, sans quoi « les montagnes de la Suisse et celles de l’Ecosse perdront » pour elle « la moitié de leurs charmes‘ ». Marchangy, dans un livre dont on sait le succès, met au rang des poèmes nationaux anciens que possèdent toutes les nations de l’Europe ces « chants héroïques des Calédoniens » que « Macpherson et J. Smith ont rapportés des monts de l'Ecosse * ». Aïlleurs, l’Edda et Ossian sont cités comme les monuments de ces « traditions popu-