Marchangy, La Gaule Poëtique
laires trop méprisées ‘ ». Le Dictionnaire de la Fable de Noël ?, qui a fait autorité, fonde sur la « mythologie erse » l'explication de certains mots. Il estime d’ailleurs, ce qui simplifie sa tâche, que « la mythologie de Fingal est à peu près la même que celle des Scandinaves ? ». Ossian avait déjà été comparé à Homère, à Virgile, à Milton : le voici rapproché de Ercilla. L'auteur de l’Araucana et « Macpheson dans les poèmes où il a fondu les fragments d'Ossian » ont tous deux tenté de suppléer à l’absence du merveilleux par l’originalité des mœurs ; mais le « barde du Chili » y a mieux réussi que « celui de la Calédonie ‘ ».Ossian fera partie de la bibliothèque modèle, « peu nombreuse, mais choisie » de Desessartz ‘. Il est cité dans un voyage en Irlande, sous la forme Oisin, et d’une manière qui, pour le Français peu au courant de la question, ne peut que confirmer l’authenticité ®. « Le célèbre Fingal, père du barde Ossian », donne son nom, dans un roman sans valeur, à un héros-troubadour de la Provence dont la sœur s’appelle Inisthore' (il y a dans Macpherson une île d’Inis-thuna qui est peu à peu en France devenue Jnistore, très commode pour rimer à encore ou aurore). Fingal donne également son nom à un « prince d’Inverness » dans la classique et ennuyeuse Bataille d’Hastings de Dorion, où l’on trouve un barde, sa harpe, et « la Clyde et ses humides champs, Que du fils de Fingal ont illustrés les chants° ». Il figure avec ses compagnons, Oscar, Fillan, Morni, dans les vers fades de la princesse de Salm ”. Creuzé de Lesser trouve moyen de placer le saint Graal dans la grotte de Fingal ; étrange contamination de deux thèmes poétiques profondément distincts. J'arrive, dit Yvain à Artus,
1. Mémoires de l’Académie Celtique, I, 51. 2. Noël, Dictionnaire de la Fable, 1808.