V. Augier, Fingal et Inisthore
8. Dorion, La Bataille d’Hastings,1806, chant V,p.83 ; chant VIII, p.126. 9. Princesse de Salm, Œuvres, LI, 108-109.
La mode ossianique 459
Du roc brumeux de la lugubre rive Où, dès longtemps, la grotte de Fingal Au roi pécheur garde le saint Graal...
C’est là, dit-on, que fidèle à sa haine, Contre la force et la fureur romaine, Se retirait le célèbre Fingal *.
La curiosité qui s'attache à ces lieux célèbres fera acheter peut-être les Vues pittoresques de l'ile de Staffa et de la grotte de Fingal aux îles Hébrides par Michel Picquenot, « habile graveur », et E. Picquenot, sa fille, qui paraissent en 1804, en 1805 et de nouveau en 1816.En 1813, Sismondi reçoit « avec impatience et ennui » une lettre « sur la question de juger si Macpherson était l'auteur ou le traducteur des poésies dites d'Ossian * ». De même, en parlant, devant l’Institut, des bardes bretons, Delarue ne peut manquer de faire allusion aux poèmes de Macpherson: « dont l’authenticité pourrait être contestée * ». Celui qui veut exprimer sous une forme concise l’infinie variété du domaine des belles-lettres n'aura qu’à choisir les deux termes extrêmes : il opposera « les nuages de la Calédonie » au « beau soleil de la Grèce ‘ ».
Le Magasin Encyclopédique est particulièrement attentif à tenir ses lecteurs au courant de tout ce qui concerne la publication ou la critique des poésies ossianiques. Il annonce en 180i, à propos de la mort de Blair, que M. Ross prépare l’impression des originaux erses, et que pour donner un texte correct de Dar-thula, de Temora, de Fingal et de Carthon, on consulte des vieillards qu’on a la chance de trouver encore en vie « grâce à leur frugalité et au climat de ces contrées * ». Quand l’Ossian gaélique, si longtemps attendu, est enfin publié, il s’empresse d’en faire part à ses lecteurs ‘, qui ne douteront pas que le texte ainsi établi ne
1. Creuzé de Lesser, La Table Ronde, 1814, chant XV, p.303 ; chant XVII,
7 2. Lettres inédites de Sismondi, p. 205.
3. G. de la Rue, Recherches sur les ouvrages des Bardes de la Bretagne, 1815.