Ib., 1807, III
soit le véritable, quant ils sauront que M. Batsany, savant hongrois, refond d’après ce texte sa traduction publiée il y a vingt ans ‘. On sait par le même périodique que le « traité sur l’authenticité » (le Rapport de 1805) a été présenté imprimé à la Highland Society * ; et que les assertions de Malcolm Laing vont être réfutées par M. Patrice Graham : (je restitue ces noms, déformés par le transcripteur ou le typographe français). En annonçant l'échantillon ou essai d’une nouvelle traduction, d’après le texte gaélique, que vient de donner Ahlwardt, il croit bien faire de renseigner ses lecteurs avec quelque soin, car «les événements politiques ayant rompu les communications littéraires avec l'Angleterre, il n’est pas probable que des détails aussi curieux soient aussi répandus qu'il le méritent * ».
On sait où se trouvent les traces les plus sûres de la mode ossianique : dans les prénoms. La Révolution, en permettant à chacun d’appeler ses enfants comme il voulait, avait élargi à l'infini le cercle autrefois si restreint des noms de baptême. A côté de l'actualité politique, le nouveau calendrier, qui s'enrichit à perte de vue des fantaisies individuelles, fait une large place à l'actualité littéraire. La mode dicte les noms dont on orne ou dont on affuble les nouveau-nés : noms exquis aux premiers Jours d’engouement, et bien peu après démodés et souvent ridicules. Villemain rappelait en 1828 que dans sa jeunesse «les distributions de prix retentissaient sans cesse des noms d’Oscar, de Malvina, de Temora* ». Ces lauréats étaient sans doute en majorité plus jeunes que Villemais, né en 1790 ; car les hommes de sa génération ne s’appelaient guère ainsi. Taine observe que, après avoir connu un succès européen, Ossian « finit vers 1830 par fournir des