Castel, La Forêt de Fontainebleau, 1805, p
5. OŒuvres de Chénedollé, p. 304: Etudes Poëtiques, ode XXVIII.
Muse du Nord, qui seule et recueillie Au bruit lointain de l’orageuse mer, Vas répéter dans les longs soirs d’hiver De l'Ecossais la ballade vieillie…. {
Mais le poète peut avoir en vue, bien plus que les poèmes d’Ossian, les ballades publiées par Walter Scott, qu'il cite en note. Le poème est bien moins ossianique qu’anglais et scandinave. Le seul nom de Morven est Tremmor (sic), qui voisine avec Odin et Recner (Regner Lodbrog). L'auteur parle indifféremment de bardes et de scaldes, lesquels s’accompagnent du /uth, non de la harpe. Sans doute, Millevoye connaît Ossian, il cite de longs passages du Lémor de Victorin Fabre ; mais il ne s’engage nettement dans aucun des chemins de l’ossianisme. La Rançon d'Equll est un poème scandinave, où à côté d'Emma et d’Eginard se trouvent des noms ossianiques ou pseudo-ossianiques, Armin, Elmor* ; rien d’Ossian dans la couleur ni le paysage. Je ne sais comment on a pu dire que c'est « un poème ossianique * ». Un historien récent du poète a cru aussi que Millevoye devait à Ossian « l’inspiration des vers qui terminent Mathos et Zulma“ ». Le nom de Mathos, peut-être, mais non l’idée, qui n’a rien de spécifiquement ossianique. Le même savant dit de l’œuvre du poète que « si...les clairs de lune y sont en nombre, on sent qu'Ossian a passé par là, et Chateaubriand après lui * ». Millevoye, en somme, ossianise beaucoup moins que Parny, dont le même critique croit (à tort, nous l’avons vu) qu’il « n’a point subi du tout les influences septentrionales* ».Millevoye ne doit presque rien à Ossian.
D'ailleurs, la mode ossianique peut se manifester où l’on ne s’attendrait pas à la rencontrer, comme au contraire certains contemporains, hantés par Ossian, le voient où il n’est
Œuvres de Millevoye, III, 111: Alfred, poème en 4 chants. . Ib., II, 215: La Rançon d’Egull, poème. — Elmor est le nom dont ar Liormies avait rebaptisé Carthon.
3. L. Bertrand, La fin du classicisme..., p. 347. 4. P. Ladoué, Millevoye, p. 246.
DATE, (p.268: