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Les Bardes, les Gaulois et l’Académie celtique 65
pas réellement. Aïnsi on rencontre une Elvina antique qui ressemble à Malvina de nom, d’accent, de style, et qui doit certainement quelque chose à sa sœur calédonienne ‘, Par contre, un « morceau de poésie gallique » qui, dit le Mercure, « est un monument curieux de la mythologie des peuples gothiques * », n’a rien du tout de gallique, à moins que ce mot ne veuille dire scandinave.
Même lorsqu'il n’y a pas d’allusions directes à Ossian ni à ses héros, le succès de ses poésies a familiarisé les écrivains avec la notion de bardes et de poésie bardique. Le Barde de Monti a été connu en France, notamment par limitation de Deschamps *. Ce barde Ullin, héritier de Velléda et descendant de ceux qui accompagnaient Charlemagne, représente assez bien le type traditionnel. Sa fille Malvina est devenue en français Mathilda. Malte-Brun cite à côté des troubadours et des scaldes la harpe de Sion et « le télyn du Barde ‘ ». Les scaldes sont rapprochés des bardes, dont ils ont été contemporains, et des poésies erses (car ce mot se rencontre encore jusqu’à la fin de l'Empire) *. Le même Malte-Brun, ou un collaborateur anonyme, remarque, à propos des Romances du Cid de Creuzé de Lesser, que pas plus dans le Midi que dans le Nord ces vieux poètes « n’arrivèrent à cette époque littéraire où la romance se transforme en épopée ». Bardes, scaldes, troubadours, ils ont « dédaigné les prestiges d’une composition artificielle * ». Le lecteur réfléchi pouvait conclure de là que le vrai Ossian était dans quelques ballades que Macpherson avait étirées en imaginaires épopées. On ne peut guère désormais écrire un Précis historique de la poësie sans dire un mot des bardes et des scaldes ". Même on trouve barde employé comme adjectif par Baour-Lormian lui-même *
4. Almanach des Grâces, 1804, p.129 : Elvina, prétresse de Vesta, à Phanor, par Philidor R...
2. Mercure, 2 mars 1805 : La Descente d’Odin dans le séjour d'Hélah, par R. Menestrier ide l'Yonne).