Poésies de Clotilde, 1803, p
3. Les Troubadours, poësies occilaniques du XIII siècle, traduites et publiées par Fabre d’Olivet, 1803. Sur ce personnage el sa carrière, la plus récente étude est celle de M. Augustin Thierry, Les grandes Mystlifications Lilltéraires, 1911.
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Fabre d'Olivet et ses Poésies Occitaniques 469
le parallèle, Ossian est «né au milieu d’un peuple de héros» ; il chante encore les « mœurs primitives » ; tandis que les troubadours n’ont connu que les «ténèbres de la barbarie». Les auteurs préférés du Macpherson de la Provence paraissent avoir été Gessner et Milton ‘. Il se peut au reste que, comme on l’a supposé, il ait imité Ossian dans une pièce intitulée Podestad de Diu *. L L'article que les Débats consacraient à sa tentative est intéressant à retenir. Après avoir caractérisé cette prétendue découverte de poésies de langue d’oc ensevelies jusqu'ici dans l'oubli, et dit que l’auteur du recueil compte
ouvrir une nouvelle voie à la poésie française, le critique ajoute :
Je ne me flatte point comme lui : jamais nous ne réussirons à élever la poésie occitanique jusqu’au rang sublime où la poésie erse se soutient encore : en ce genre, il ne faut compter que sur un succès par siècle... On n'est plus en fonds pour admirer de nouvelles découvertes en poésie : Ossian a tout pris ; avant de songer à de nouveaux essais, il faudrait le laisser oublier ?,
Est-ce dit cum grano salis ? on le croirait. L’observation en tout cas est très juste. Le provençalisme faux ou vrai n’a eu aucun succès, Le faux genre troubadour et dessus de pendule, celui des ménestrels, des « gentes damoiselles », des paladins et des nécromants, des bacheliers et des ermites, a au contraire joui d’une vogue incontestable. Il empruntait, peut-être inconsciemment, certaines situations et certains thèmes de l'ossianisme ; c’est l’élément commun aux deux genres qui leur a le mieux réussi et qui les a fait vivre longtemps côte à côte.