‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 228 sur 512 · Baour-Lormian, Recueil de Poésies diverses · texte numérisé non relu

Baour-Lormian, Recueil de Poésies diverses

Sa carrière poétique 473

de Lebrun, de Fabien Pillet ou anonymes, toutes dirigées contre lui, et huit réponses qu’il y avait faites. L'Acanthologie de Fayolle contient vingt-deux épigrammes contre lui, antérieures ou postérieures à son Ossian.

Il n'avait pas attendu ce moment pour lancer ses Satires ; c'est le genre peut-être dans lequel il a le mieux réussi. En négligeant sa querelle de Toulousain avec le Toulousain Despaze, il a pour ennemis les gens de la Décade et quelques autres, Chénier ‘, Arnault, Cabanis, Garat, Ginguené, Andrieux, Lucet, Saint-Ange, Mercier (de Compiègne), Bonneville, qu'il appelle « d'Young vandale traducteur ». Il poursuit au delà de la tombe, en Turgot, le traducteur des Géorgiques ; mais rappelons-nous que Turgot fut le premier parrain d’Ossian. Ses amis sont Ducis, Fontanes, et les auteurs des Veillées des Muses, Lava, Vigée, Legouvé; il honore Saint-Lambert, il respecte même Lebrun, à qui il vient de faire une guerre loyale. Ainsi ceux qu’il poursuit de ses railleries, ce sont les philosophes, les idéologues, les rationalistes, dirions-nous ; ceux sur qui s’étend sa bienveillance, ce sont des poètes tendres et volontiers mélancoliques. Legouvé d’ailleurs lui rendait ses éloges *, Mais son goût reste classique ; et lui, le futur traducteur d’Ossian, il n’a pas assez de railleries pour le drame noir et le genre terrible et mystérieux, à la Radcliffe *. Il est mélancolique; il rime une Nuit et d’autres morceaux du même genre‘. Mais il est satirique aussi,et Vigée dit qu’il «marche à grands pas sur les traces de Gilbert ‘».Si la haute inspiration lui manque, il dépasse en savoir-faire l’auteur du Dix-huitième siècle. Mon premier mot (1797), Mon second mot (1798), l'Epitre à l'auteur anonyme des sir satires (180%), sont en ce genre ce qui rappelle le mieux la verve de Boïleau. Despaze, son antagoniste, a plus raison qu’il ne croit lui-même quand il reconnaît que « Lormian seul, de nos jours, écrivit la

1. Chénier avait d’abord écrit Morellet dans les vers de La Calomnie où il est question d’un sot; il a remplacé l’abbé par Lormian (OEuvres de M.-J. Chénier, III).

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