Dargo, fils de Druivel, poème d’Ossian. — Ce Dargo
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ne doit pas être confondu avec celui de tout à l'heure. Celui-ci est un druide qui défie Fingal. Curach, envoyé pour le combattre, est victorieux, mais après l’avoir tué succombe à son tour. Bref et pathétique épisode de la belle Inlorno, qui fut poignardée par son père pour avoir averti l'étranger qu’elle aimait du piège qui lui était tendu.
10. Colmul, fils de Dargo, poème d'Ossian. — Suite du précédent, Dargo mort, son fils Colmul reprend le combat contre l’armée de Fingal ; il est tué par Fergus, et la guerre cesse. Nombreux épisodes : celui de la rencontre d’un guerrier victorieux et de son ennemi expirant qui pleurent tous deux la même amante ; celui du dogue fidèle qui meurt de douleur sur la tombe de son maître ; celui de Lugar, jadis guerrier vaillant et prospère, que Fingal retrouve vieux et pauvre. A la fin, longues variations sur le thème des regrets et de la vie éphémère,
11. L’Incendie de Tura. — Pendant une expédition de Fingal, la ville de Tura, où n’élaient restés que les vieillards, les femmes et les enfants, devient, par une cause inexpliquée, la proie des flammes. Le poème se continue par une longue élégie, où Ossian et Malvina évoquent tour à tour les guerriers et les jeunes filles que l’incendie de Tura a anéantis, et se termine par les réflexions philosophiques que cette catastrophe inspire à Ossian.
12. Cath-Lava. — Ce poème est par le texte attribué au barde Orran. C’est l’histoire d’un contre-enlèvement. Sulmina, qui fuyait de nuit la maison de son père pour rejoindre Ronnan qu’elle aimait, est enlevée en route par Lava qui l’aime et qu’elle n’aime point. Les deux rivaux se rencontrent les armes à la main. Lava succombe. Mais Sulmina, qui s'était armée pour porter secours à Ronnan, a été blessée mortellement.
143. Cathluina, poème d’Ossian. — C’est le plus romanesque et le plus invraisemblable de tous ces poèmes : aussi a-t-il été fort imité. Annir, aimée de Gaul et de Garno, deux amis, pour se débarrasser de Garno qu’elle n’aime pas, lui adresse (déguisée en jeune guerrier) un défi de la part du terrible Duaran. Garno relève le défi. Alors Annir porte le même défi à Gaul, qui le relève également. Il ne reste plus, on l’a deviné, qu'à mettre en présence les deux
amis, qui croient chacun avoir affaire à Duaran. Ils combattent toute la nuit, et finissent par s’entre-tuer. Annir meurt de douleur sur leurs tombes ; Ossian évoque leurs ombres du sein des nuages.
4%. La mort d'Artho. — Ardar, qui pleurait déjà la perte de son fils Calmar, apprend encore la mort de son autre fils Artho; un guerrier, fils d'Arman, lui dit sa fin valeureuse, et lui raconte en même temps comment Colval, qui aimait Artho, est morte de douleur en le voyant expirer.
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Les résumés qui précèdent ont pu faire connaître, dans leurs grandes lignes, les histoires que raconte l’Ossian de Macpherson et de Smith, et auxquelles il sera fait allusion à mainte page de cet ouvrage. Ces histoires sont à la fois très compliquées et très monotones. Elles sont très compliquées, car en peu de pages elles déroulent un très grand nombre de faits, dont presque aucun n’est traité avec un développement suffisant pour captiver le lecteur en l’identifiant tour à tour avec les différenis personnages, en lui faisant suivre avec intérêt les péripéties de l’action. Les événements se suivent, surtout dans les poèmes les plus courts, d'une manière heurtée, sans lien, sans harmonie ; les auteurs, ayant voulu accumuler dans un étroit espace des situations et des coups de théâtre aussi nombreux que possible, sont bien loin d’atteindre l’ampleur épique. Si Fingal et Temora se déroulent avec plus de lenteur, c’est que le récit est allongé par des bavardages, ce n’est pas qu'il soit rempli par des actions. À cet égard, Ossian est à Homère ce qu’un mélodrame trépidant et sentimental est à Sophocle. Les personnages et les lieux, nommés pour la plupart plutôt que caractérisés, défilent devant le lecteur avec une rapidité cinématographique et fatigante. Ces histoires sont compliquées encore, parce que les récits accessoires, les parenthèses, les hors-d’œuvre, y tiennent une place excessive. Fingal et Temora sont farcis d'épisodes, et dans tel des poèmes plus courts ils pullulent à tel point
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que l’action principale n’est plus qu’un fil ténu destiné à les rattacher l’un à l’autre. On s’explique ce caractère particulier, si l’on songe que Macpherson et Smith ont dû utiliser le plus possible les ballades ou les traditions authentiques en leur empruntant tantôt le sujet général, tantôt tels détails particuliers, et que la dispersion de leurs matériaux se retrouve dans le décousu de leur œuvre. Ce caractère est fort important pour notre suiet : car c’est cette confusion peu harmonieuse, ce fouillis d’épisodes sans lien, ces histoires que raconte un barde pour faire passer.le temps ou que se rappelle soudainement un héros, c’est tout cela qui offrait une mine presque inépuisable aux poètes d’almanachs et aux rimeurs d’élégies : c’était autant de situations toutes trouvées, autant de sujets d'héroïdes ou de stances, qui demandaient à être traités isolément, et qu’il n’était besoin de nul effort pour détacher du tissu lâche et vague où ils étaient enchâssés. Ainsi ces thèmes lyriques, originaires en partie de la rude poésie des chants gaéliques, retournaient à travers les prétentions épiques de Macpherson à leur vraie forme, et retrouvaient leur indépendance primitive dans les stances et les couplets des ossianistes français.
Rien n’égale la complication fatigante de ces poèmes, si ce n’est leur monotonie. Elle est due au manque de couleur locale, à la perpétuelle répétition des mêmes aventures. Macpherson a systématiquement écarté de son œuvre les éléments locaux ou originaux qui auraient dû lui assurer une intéressante variété. Pas de christianisme ; pas d’âpre dispute entre Ossian et saint Patrick; seulement de vagues allusions aux culdées, aux « fils du rocher », c’est-à-dire, paraît-il, aux premiers solitaires ou apôtres chrétiens. Pas de religion quelle qu'elle soit ; cette lacune si extraordinaire a été dès l'origine extrêmement remarquée. Tout au plus, un vague « Esprit de Loda », sorte de fantôme gigantesque que combat Fingal, et qu’on s’est plu à identifier plus tard avec l’Odin des Scandinaves ; surtout une croyance à la survie des âmes sous la forme d’ombres qui habitent dans les nuages. Ces ombres apparaissent aux héros, soit dans le jour, soit en songe, et leur prédisent les malheurs. Ceux sur qui les bardes n’ont pas entonné le chant funèbre