Les Quatre Saisons du Parnasse, printemps 1805, p
Jugements contemporains 503 procédés différents, mais que les critiques ne distinguent guère l’un de l’autre : l’un consiste à ne traduire que certains poèmes ou fragments d Ossian, l’autre à choisir des développements ou des passages dans ceux même qu'il traduit, et à faire de nombreuses coupures. L’un se voit du premier coup d’œil, pour peu que l’on compare la Table des Matières des Poésies Galliques à celle de Le Tourneur : l’autre échappe à celui qui ne se livre pas à une comparaison minutieuse. Nous avons donné tout à l’heure des exemples de l'un et de l’autre. Mais cette liberté qu'il prend de supprimer, il la prend aussi de traduire à sa façon. M. Zyromski dit que Baour-Lormian conserve trop souvent « l’attitude de l’écolier » devant les textes qu'il traduit ‘. Il veut dire par là qu’il abonde en réminiscences classiques ; mais un écolier se montre, ou cherche à se montrer, plus respectueux dans ses versions. Seul, un autre traducteur, son rival, regrettera « qu'il n’ait pas cherché à reproduire son modèle avec plus de fidélité * ». En général, on le loue de l'avoir « paraphrasé * », de l'avoir suivi « avec indépendance ‘ » d’avoir « atténué ses défauts * ». Cet éloge se retrouve même de nos jours : on a su gré à Baour « d’adoucir le genre lui-même pour le plier au degré de mélancolie dont la France était alors capable ‘ ». Si on loue la « fidéhité » de sa traduction, c’est en parlant de tel morceau plus heureusement venu, comme le début des Chants de Selma. Mais on s'accorde à appeler son œuvre « une imitation et non une traduction * »; et, si l’on veut être aimable, « une imitation charmante que Buffon eût appelée volontiers une belle création *». Rigault a trouvé une expression assez heureuse en appelant Baour « le Ducis d’Ossian ‘>.