Spectateur du Nord, XVIII, 363 (juin
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Baour s’est donné « des torts envers la Décade », mais on doit reconnaître son talent *. On estime qu’il « se fraye une belle carrière... Son Ossian fera oublier ses Satires… Il vivra pour sa gloire et le charme des gens de goût *. » De même Boissonade * ; de même Auger qui, devant les traductions de Young et de Hervey que Baour donnait un peu plus tard, regrettait ses « chants héroïques » auxquels « le public avait applaudi ‘ ».
Hors du monde de la critique, le succès paraît avoir été général. Nous en avons une preuve dans les quatre rééditions de l’ouvrage. Nous en avons une autre preuve : on le trouve fréquemment dans les bibliothèques privées. Dans 631 catalogues postérieurs à 1801, il se présente 23 fois sur 174 exemplaires d'Ossian et sur 94 Ossians français. Il est, avec Le Tourneur, celui qu’on a lu le plus. Il est aujourd’hui beaucoup plus facile à rencontrer que Le Tourneur. D'ailleurs, les témoignages sont nombreux qui attestent son succès. Un parodiste d'Ossian salue au passage « d’Ossian le chantre éloquent ‘ » Si, dit un poète de la mélancolie et de la nuit, les vers d’Ossian doivent être « applaudis par nos derniers neveux » c’est « grâce à Lormian, honneur de ces rivages® ». Un autre espère qu’il va devenir le poète national et populaire qu’attend la France :
Le ciel donnant dans sa clémence Un nouveau Fingal à la France Lui devait un autre Ossian ?.
L’enthousiaste ne s'aperçoit pas qu’il fait de Baour le fils de Bonaparte en même temps que son héraut. Un autre entre dans plus de détails, et après avoir passé en revue héros et fantômes, vante l’auteur des Poésies Galliques d'avoir