Barré, Radet et Desfontaines, Omazette
6. Mercure, 30 juin 1804: La Mélancolie, fragment, par Ricard Saint- Hilaire fils.
7. Baour-Lormian, Recueil de Poésies diverses, 1803, p. 119 : Vers à Baour-Lormian sur son imitalion d'Ossian, par Martignac fils.
Influence de Baour-Lormian 507
su faire résonner « en belliqueux accords » ou « sur la tombe des morts » la harpe « chère à la Calédonie ! ». On fait mieux que de louer Baour, on le cite dans les anthologies. L’Almanach des Muses donne en 1804 trois morceaux de son Ossian ; en 1805, quatre ; en 1806, deux ; en 1810, encore l’Hymne au Soleil. Celui-ci se retrouve, non seulement dans l’article de Boissonade *, mais dans trois autres ouvrages *, une fois à côté d’un morceau de Lamartine. L’apostrophe à la Lune qui ouvre Darthula figure encore dans l’anthologie toute récente intitulée Les Poètes de la Lune, entre des morceaux analogues de Ronsard et de M. Rostand «.
Autant les témoignages contemporains qui attestent le succès des Poésies Galliques sont aisés à recueillir, autant il est difficile de se faire, au moyen de textes précis, une idée exacte du degré de l’influence qu’a pu exercer Baour- Lormian, A-t-il fait connaître Ossian à des lecteurs qui l’ignoraient encore malgré les traductions en prose ? A:t-il provoqué le frisson ossianique dans des âmes que Le Tour neur n’avait pas suffi à émouvoir ? Sa poésie a-t-elle exercé une influence sensible sur la formation de la poésie romantique ? Telles sont, semble-t-il, les trois questions principales que l'on peut se poser à cet égard. Je préviens le lecteur que sur aucune des trois je n’ai pu réussir à me faire une opinion qui résulte avec évidence des textes que j’ai pu étudier. Je voudrais qu’un plus heureux ou un plus avisé trouvât la certitude là où je n’entrevois que des lueurs de vraisemblance.
Sur le premier point, ce qui rend la réponse difficile, c’est que les nombreux écrivains qui parlent d’Ossian, qui disent avoir été plus ou moins touchés de la grâce ossianique, n’indiquent presque jamais avec précision à travers quelle traduction la voix du Barde a charmé leur âme. On peut
1. Baour-Lormian, Recueil de Poësies diverses, 1803, p.121: Au méme, sur ses Poësies Galliques, par le citoyen Lefèvre.
2. [Boissonade] Journal de l’Empire, 10 septembre 1810, et Boissonade, Critique Eültéraire, II, 47.
3. Répertoire de la Littérature ancienne et moderne, 1825, XX, 479 ; B. Jullien, Poésie française à l’époque impériale, 1844, I, 155; ILémonnier, Nouvelles leçons françaises de littérature et de morale, 1892, p- 19.