‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 247 sur 512 · Les Poètes de la Lune, p.p. P. Madières, p · texte numérisé non relu

Les Poètes de la Lune, p.p. P. Madières, p

admettre que les diverses éditions de Baour-Lomian ont élargi le cercle des lecteurs d’Ossian, que de jeunes hommes, des femmes — à l'époque où les jeunes hommes et les femmes aimaient et lisaient les vers — ont recherché la petite édition de 1818 par exemple, plutôt que les in-octavo un peu sévères de Le Tourneur ; et qu’au total, Baour a gagné à Ossian bon nombre de lecteurs. Pour le second point, il est également vraisemblable qu'Ossian mis en vers a fait découvrir la poésie ossianique à ceux même qui croyaient par Le Tourneur ou Hill connaître les chants des Bardes ; l’harmonie aisée, le rythme ample et sonore du vers de Baour ont pu donner pour la première fois toute leur valeur poétique à des thèmes devant lesquels certains lecteurs étaient passés indifférents. Je n’ai pas rencontré de témoignage ainsi conçu : J’avais lu l’Ossian de Le Tourneur et je croyais connaître les chants du Barde ; le recueil de Baour-Lormian me les a fait sentir pour la première fois. Mais il est possible que cela soit arrivé à plus d’un : simple hypothèse, qui ne figure ici que pour mémoire.

Quant à l’influence possible de Baour sur la poésie romantique, il ne peut être question de sa versification, purement traditionnelle, et qui lui valait, nous l’avons vu, les chaudes félicitations des gardiens de l’arche classique. Ses images, ses expressions, son matériel poétique n’ont pu être de quelque utilité qu’aux plus timides, et encore à l’époque de leurs débuts. Soumet, Guiraud, le Vigny des Poèmes, le Victor Hugo des premières Odes, le Lamartine même des Méditations lui doivent-ils quelque chose ? C’est possible. Peut-être Lamartine a-t-il puisé dans ses Réveries l’inspiration mélancolique de Young et de Hervey.On a dit que parmi les premiers romantiques Vigny avait été surtout tributaire de Baour-Lormian. C’est douteux. Pour l’ensemble de l’influence des Poésies Galliques sur les poètes de cette époque, nous avons heureusement le précieux témoignage de Sainte-Beuve ‘. Rigault avait dit de Baour qu'il avait été par son Ossian « le parrain de toute une génération ».Sainte-Beuve proteste. Lui qui appartient à cette génération même dont parle le critique, il peut mesurer

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