Ib., XXX VII, 41 (10 germinal an XI
du poème ne fait aucune allusion au Barde ni à ses chants. Au reste, en attribuant au x° siècle le poème qu'il traduit, Labaume l’écarte nettement de l’Ossian macphersonien. L’Ecosse s’y appelle Albanie, nom que reprennent quelques celtisants modernes. Cependant plusieurs détails font penser à l’Ossian de Macpherson, et permettaient aux abonnés de la Décade de se retrouver en pays de connaissance. D’abord le sujet, puis les noms d'Usnoth et de Cuchullin, enfin et surtout cette lamentation de Cuchullin qui conclut le poème, et qui est si semblable aux lamentations mélancoliques qui terminent fréquemment les poèmes de Macpherson.
Le troisième morceau de ce genre, donné la même année par Labaume, rappelait beaucoup plus que les deux précédents l’Ossian macphersonien. Il s’intitulait Sitric et Bibiona, poème erse !. Ici, erse veut dire nettement rlandais. L'action est située au 1x° siècle. Une malédiction lancée sur le roi rappelle singulièrement le Barde de Gray. Mais on y retrouvait, avec l'Esprit de Loda, d’autres noms bien connus des lecteurs d’Ossian, Lochlin, Innisfail. On y retrouvait un des thèmes les plus familiers à Ossian, un enlèvement suivi de la mort de l'héroïne. On y retrouvait surtout une couleur très ossianique, et un début pareil à ceux du Barde:
Histoires des temps anciens, vous inondez mes pensées. Le souvenir du passé est agréable, mais il amène avec lui la tristesse.
Actions des héros, vous passez en revue devant moi et je vous reproduis dans mes chants.
Quelle voix frappe mon oreille assourdie par l’âge? C’est la voix de Morlina qui gémit.
N’était l’allusion à une surdité naissante qui viendrait
fâcheusement s’ajouter à la cécité du Barde, on croirait lire
de l'Ossian, Labaume fournissait là, sans le faire exprès certainement, et sans même s’en douter, le plus fort argument en faveur de l’authenticité essentielle de l’Osstan macphersonien : il puisait à des sources toutes différentes, il essayait de présenter une sorte de concurrence, et iloffrait