Décade, XXX VIII, 170 (30 messidor an XI
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D'Arbaud-Jouques FL ENT
les mêmes thèmes et le même style, avec infiniment plus de faiblesse et de banalité d’ailleurs ; car sa prose est plate et sans art, et il serait peu intéressant d’en citer davantage.
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Les traducteurs se multiplient autour de Baour-Lormian ; quelques-uns même l’ont précédé. Il n’est que celui de tous qui a eu le plus de persévérance et le plus de succès. Entre 1801 et 1805, c’est un véritable concours poétique : la mode ossianique est au plus haut point de faveur, et chacun tend sa voile au vent favorable qui, s’il ne fait pas eau et s’il ne heurte pas un récif, pourra le conduire au succès et peutêtre à la gloire. D’Arbaud-Jouques extrait d'Ossian plusieurs morceaux un peu au hasard ; Miger traduit Carthon et Les Chants de Selma ; Taiïllasson, Les Chants de Selma ; P.-A. Lebrun, Les Chants de Selma et Oithona ; Despinoy, le Catheluina de Smith.Nombreux et médiocres, ces versificateurs nous montreront comment on comprend Ossian de leur temps, et ce que la poésie française peut attendre de lui.
Entendue comme ils l’entendent, leur tâche ne présente pas grande difficulté, et n’est pas si « hasardeuse » que certains le disent ‘. Le vers français recouvre d’une pâte fluide et molle le texte de Le Tourneur, qui adoucissait déjà singulièrement les aspérités de l'original. Il est si facile de faire rimer Fingal à égal, Armin à main | Malvina et Sulmala ont tant de rimes toutes prêtes! Alexandrins ou vers libres, Ja poésie française, celle qu’ils pratiquent, est si indulgente à toutes les faiblesses ! Qui disait que la langue française n’est pas poétique ? Voici qu’elle se découvre des ressources infinies pour versifier Ossian. Cesarotti, vieux et célèbre, écrivait sous l’Empire à un littérateur français dont ceux qui reproduisent sa lettre n’ont pu déterminer le nom, pour le remercier de lui avoir envoyé des poésies ossianiques. Il admire surtout le mérite du Français qui transporte Ossian dans sa langue. Il dit, assez bizarrement, que « Boileau lui-