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presse sont rares. Un critique très bienveillant. enregistre et approuve la profession de foi du traducteur, loue sa modestie, le félicite de sa traduction « très fidèle », qui « garde ce caractère de solennité et quelquefois même d’âpreté qui distingue les chants du fils de Fingal ‘ ».Suit une théoriede l’iëmitation qui vaut d’être citée : on en pèsera les termes qui sont empruntés à la pure site classique du goût unique et absolu :
Le traducteur suit son guide, tant que son guide marche dans la bonne voie ; s'égare-t-11? l’imitateur poursuit la route que le traducteur est forcé d'abandonner avec son guide. On sent qu'alors c’est un devoir pour le traducteur de cesser de l'être, et de remplacer, par des beautés empruntées du génie de son auteur, les erreurs passagères qui lui sont échappées. Ainsi en ont usé Pope, l'abbé Cesarotti, et l'abbé Delille.
Jamais la doctrine de la traduction infidèle ne s’est affirmée plus audacieusement. Et ce critique délicat, qui-reproche à d’Arbaud ses inversions « plus italiennes que françaises » et ses chevilles, lui décerne au total beaucoup trop d'éloges. D’autres encore recommandent ces vers qui plairont « par leur couleur sombre, et ce charme secret qu'inspire la rêverie *». Par contre, le Publiciste *, en rendant hommage à ces vers « souvent nobles et expressifs, presque toujours harmonieux et faciles », estime que le traducteur « s’écarte trop de son modèle »,et qu’en somme «il n’a.pas toujours réussi ». Mais la plus importante appréciation de ce nouvel Ossian français se trouve dans Farticle d’'Esménard que donne le Mercure *. Bien informé et consciencieux, le critique institue un parallèle en règle entre Cesarotti, dans lequel il voit avec raison le véritable original de d’Arbaud-Jouques, Baour-Lormian, qu’il soupçonne à tort
1. Spectateur du. Nord, XVIII, 364 Quin 1801) ; article: donné comme « extrait des journaux français » ; je n’ai pu découvrir dans quel journal il Le paru.
- Barbier et Désessartz, Nouvelle Bibliothèque d'un homme de goût, Dr p. 271: