Les Souvenirs d’un Barde, Avant-Propos, p. VI-VII
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Où s'arrête et d’où part la source des années? Dans quel abime obscur, l’une à l’autre enchaînées, Sans espoir de retour, onlcelles s’engloutir ? Le brave qui n’est plus n'a-t-il point d avenir ?
Aussitôt après, c’est l'invocation à la harpe, prise au début du Manos de Smith; puis vient l'évocation de Fingal, qui, je crois, est, sous cette forme, de l’invention de Miger. On se ue alors des remaniements que nous jugerions inadmissibles; nos traducteurs préfèrent supprimer, ce qui n’est pas moins grave, et ce qui est plus facile,
Un critique trouvait dans Carthon et Clessamor « quelques expressions hasardées… mais du mouvement, de la chaleur, des vers bien tournés * ». Il n’y avait sans doute pas assez à son gré de ces clichés usés qui font en un sujet ossianique un si singulier effet, nos vallons, amoureuses flammes, idole de mon cœur.S'il faut peindre une jeune beauté: « L’albâtre éclatait sur sa gorge naissante »; au lieu que l’anglais dit: Her breasts were like foam on the wave. Kt que penser de l'égide transportée dans Morven? et de pauvretés ou d’énigmes comme :
Il osa de mes feux me disputer le prix.
La Mort seule y tenait le sceptre de la paix...
Non. le critique devait applaudir à des expressions si justes et si neuves, et blâmer au contraire les fils de la valeur, les fils de l'harmonie, les enfants de l'épée, le champ du courage, et des vers comme
Ta lance est un haut pin qui brave les tempêtes.
De même dans Les Chants de Selma, où les zéphirs et les autans voisinent étrangement avec les météores. Ces taches se rencontrent partout à cette époque: l’unité de couleur est constamment violée, et c'est à ce signe entre tant d’autres qu’on reconnaît que jamais siècle ne fut moins artiste.
Miger l'emporte néanmoins sur beaucoup de ses émules