Acte II, scène
« Oscar » tragédie d'Arnault 551.
coup de théâtre cause le désespoir d’Oscar, qui vient tout. avouer à son ami; celui-ci le calme et lui pardonne. Mais. comme peu après Dermide est tué, Oscar se sentant accusé: de cette mort se tue lui-même.
Cette: pièce, pour.le fond et la conduite, atteint, mais ne: dépasse pas, le niveau moyen de ces tragédies selon la formule classique que l’on fabriquait alors en si grand nombre. Il y règne, à défaut de qualités plus brillantes, une estimable simplicité de moyens, et les machines y sont peu nombreuses. L'auteur a voulu se servir surtout de l’amitié, ressort moins usé que l’amour. Or l’amitié joue un assez grand rôle dans l’Ossian de Macpherson : les couples Oscar et Dermid, Gaul et Dermid, étaient peu à peu devenus célèbres presque à l’égal de Nisus et Euryale ou d’Achille et Patrocle. Arnault a dû se contenter de ces indications générales : sa pièce ne repose sur aucun poème particulier. Le combat qui amène la mort d’Oscar et de Dermid dans les poèmes qui portent leurs noms n’a aucun rapport avec l’action de la tragédie, même en remplaçant «la fille de Dargo» par Malvina. [1 n’y a d’ailleurs, on le pressent, aucune profondeur ni aucune finesse dans l’analyse des sentiments. Mais l’auteur de Lucrèce et de Marius à Minturnes a tout au moins de la vigueur et de l'énergie dans la construction: de sa pièce. Aux époques de décadence, le métier, dont.on connaît à fond toutes les ressources, tient lieu de l’âme, et de cette première fraîcheur de sentiment qui anime FPart:à. ses débuts et lui donne la vie.
Arnault nous raconte lui-même ‘ à quels remaniements il a été contraint pour mettre sa tragédie au point en vue de la représentation, remaniements dont la trace est restée dans les Variantes qui accompagnent la pièce dans les Œuvres ; comment ila dû récrire deux actes, et combien il s’est loué des acteurs, et particulièrement de Talma, qui dans le rôle d'Oscar surpassa son attente, « talent vraiment sublime », qui « dans aucun rôle ne s’est montré plus pathétique et plus terriblg », quoiqu'il Jouât « avec une admirable simplicité ». La pièce réussit, dit-il, mais non pas autant que le talent de Talma le faisait espérer ; l’auteur en