‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 274 sur 512 · Journal Littéraire (Introduction), an IV · texte numérisé non relu

Journal Littéraire (Introduction), an IV

le contraste entre la matière ossianique et la tragédie classique, qui suppose des personnages civilisés, cultivés, d’une remarquable pénétration psychologique, capables de lire dans leurs âmes et dans celles des autres.

Après la tragédie, la parodie. La parodie, à cette époque et encore longtemps après, accompagnait nécessairement de son écho railleur toute pièce qui avait fait quelque bruit sur la scène sérieuse. Une de celles d’Oscar fut jouée au Vaudeville, et s'appelait Arlequin Hagard. Je n’ai pu la rencontrer, et j'en ignore l’auteur ou les auteurs; mais Clément lui consacre trois pages à la fin de sa critique d’Oscar. Les principaux personnages avaient nom Hagard, fils de son père, Mal-ira et Dermide. Le parodiste n'avait pas manqué de railler la scène où Dermide entretient doctement son fils des vrais héros et des crimes des tyrans : « Mais, mon fils, vous avez besoin de dormir. — Cela vient peut-être de tout ce que tu me racontes. » Clément prétend que cette parodie « a beaucoup plus réussi que la pièce ». Mais c'est le témoignage d’un censeur partial. Une autre parodie s’appelait Médard, fils de Grosjean, avait pour auteurs A. Gouffé et R. Deschamps, et fut jouée au Théâtre de la Cité, le 5 messidor an IV. On trouve encore une chanson d’Armand- Gouffé, Oscar fils d'Ossian. tragédie en cinq couplets *, pas bien méchante au demeurant, et où quelques invraisemblances de la tragédie sont assez bien soulignées :

Au bord de l’eau, la belle Malvina S'en va, cherchant par-ci par-là Si Dermide viendra.

Ivre d'amour et de rage, Oscar vient sur le rivage, Et puis. s’en va.

ainsi que le moyen par lequel se prépare le dénouement :

Mais en dormant le marmot a tout vu!

Des noms étranges et peu familiers aux abonnés du Théàtre-Français, des décors surprenants, une forêt semée de

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