‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 280 sur 512 · Berlioz, Les Soirées de l'Orchestre, p · texte numérisé non relu

Berlioz, Les Soirées de l'Orchestre, p

Jugements de la critique 569

du rôle de l’alto « comme une sorte de voile ou de teinte grisâtre étendue sur toute la composition, Peut-être — continue Quatremère de Quincy — l'effet eût-il été plus fortet plus senti, s'il eût été plus réservé ”. » 11 est intéressant, en tout cas, de noter cet essai de transposer et de rendre dans le domaine des sons cette impression de gravité mélancolique et sombre qui se dégage d’Ossian.

Sur le mérite de l’œuvre en général, le Mercure, qui ne

veut pas recommencer sa diatribe contre Les Bardes, estime

que « la mythologie d’Ossian une fois admise » le poème est bon *. La Décade est plus sévère : le rédacteur L. C. remarque que ce « poème ossianique mêlé de chants » n’est « ni comédie ni tragédie ni drame ni opéra ». Grand défaut aux yeux d'un partisan déterminé de la séparation des genres |! Uthal appartient sûrement au « genre ennuyeux ». Le sujet, « trop sévère, comportait peu de variété ». Cette œuvre qui « vous transporte au pays des bardes, des météores et des orages » est « plus faite pour plaire aux oreilles exercées en musique et en poésie qu’au plus grand nombre des spectateurs * ». Aveu d’incompétence assez naïf en somme. Le Magasin Encyclopédique est également du parti de la résistance à Ossian. Il ergote sur le terme d’opéracomique, et demande si « les larmes de Malvina, la haine de Larmor, et les fureurs d’Uthal », si «les grottes de Fingal, les cyprès, les nuages, le chant des Bardes, ont quelque chose d’amusant ». En somme, poème d’une « monotonie fatigante ‘ ». Geoffroy, lui *, rend hommage à la musique : il y trouve « du style. de l'intérêt... des airs de belle facture, des morceaux d'un grand effet ». L’ouverture surtout « d’une teinte sombre » produit « un bel effet de mélancolie » et la romance d’Uthal est « très agréable ». En un mot « l'ouvrage a du mérite ; mais ce n’est pas là sa place ». Toujours les compartiments étanches, en musique comme en poésie ! Mais ce n’est pas tout : le sévère Geoffroy a fait une découverte : « Le sujet est pris dans le bon Plutarque.

Page 1