Œuvres de Girodet, 1, p. LXX-LXX VIII
La Malvina de Gros 587
corselet ; l’aigle tient un lapin qu’il laisse échapper à la vue du coq gaulois. Ce morceau appartenait en 1829 à M. Coutant. Je ne sais si c’est le même qui est désigné ailleurs comme « une esquisse offrant beaucoup de changements, assez étudiée dans les détails et dans l’ensemble pour retracer à l’esprit l'effet magique du tableau ‘ ». Un autre est en réalité une série de seize compositions, dessins terminés, probablement la même subdivision du tableau qu’Aubry-Lecomte devait suivre sur les indications de son maître. Cette série appartenait à M. Chatillon. Ce dernier, ami de l’auteur, avait fait un dessin de grandes dimensions (d’après le tableau) que Girodet avait « retouché dans toutes ses partes », en faisant quelques additions à la première composition. On ne nous dit pas lesquelles. Ce grand dessin appartenait à M. Pannetier. Il faut y joindre un grand nombre de croquis et des feuilles d’étude se rapportant à son Ossian: une quinzaine d’après le Cataloque de Pérignon. Enfin, Girodet lui-même avait dessiné « un guerrier calédonien près d’une jeune fille qui le charme par les accords de sa lyre » ; ces deux figures placées sur des nuages, et éclairées par la lune. On ne nous dit pas ce que cet intéressant dessin est devenu après la mort de l’auteur.
Presque au même moment se place la Malvina de Gros, à laquelle on donne la date de 1801 ou même de 1802, mais qui en réalité a été peinte en Italie, où l'artiste a séjourné de 1792 à 1801, à une date incertaine, assez voisine probablement de la dernière. Cette Malvina est restée à l'état d’esquisse très incomplète. On en trouve la reproduction et la description dans l’ouvrage de M. Delestre *. \ Malvina pleure, sur la harpe d’Ossian, la mort d'Oscar, étendu sans vie à ses pieds. » À gauche, Fingal, casqué, est assis ; à côté de lui, et en partie caché par lui, Ossian, le front
1. Pérignon, Catalogue des dessins, esquisses, lab eaux ef croquis de M. Girodet-Trioson, 1825.