‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 298 sur 512 · Explication des ouvrages de peinture... 1806; n · texte numérisé non relu

Explication des ouvrages de peinture... 1806; n

les plaisirs de la chasse, et la belle Comala chante «les yeux au ciel, et dans une attitude inspirée » en s accompagnant de la « harpe gallique ». On aperçoit des rochers, un vieux mur, des ruines de «monuments galliques ! »; dans le lointain, la meretla grotte de Fingal; le ciel est semé de brouillards humides. — Un passage de Croma avait fourni ce sujet: les critiques ont soin de le citer *pour montrer combien cette scène émouvante est plus heureusement traitée par le pinceau de la jeune Anglaise que par la plume de Macpherson. Le choix du sujet est heureux, la composition harmonieuse, les figures surtout ont un charme qui mérite tous les éloges. Malvina est blonde, « d'une beauté que les larmes ont flétrie sans l’effacer *‘» . Son expression « est aussi douce qu'attendrissante ». On découvre sur son front « un calme précurseur de l’éternelle paix ». — M'° Harvey inspire un alexandrin déjà lamartinien. — Comala, celle qui chante, a «des yeux quiroulent une flamme humide»; quant à Sulmalla la chasseresse, c'est « une brune piquante ». Des rocs, des ruines, la mer au loin: « le site est beau, calme et triste ». Mais un léger défaut ici : pas assez de brouillards! Les brouillards ou les nuages sont « une condition essentielle de tout paysage ossianique * ». Nous assistons ici à la formation, et à l'homologation par la critique, d'un genre qui n’a pas vécu, mais qui prétendait se placer à côté du paysage historique dont il était pour mieux dire un sous-genre. En ce tempslà, l'œuvre d’art, pour être reconnue comme telle, devait se classer immédiatement dans un compartiment déterminé.— D’autres reprochent à l’auteur quelques faiblesses de dessin ou de forme, ou exigeraient « plus de chaleur dans la couleur, si la scène n’était dans un site glacial © ». En somme M'°e Harvey mérite les plus grands éloges; « sa sensibilité a présidé à cette composition’ ». C'est « une jeune personne dont le pinceau est conduit par le goût, l'esprit et le senti-

. Décade, LI, 101 (11 octobre 1806).

. Ib. et Pausanias français, 1806, p. 135.

. Pausanias français, ib.

. Décade, ib.

à Pausanias français, 1b.

! “Hi imparliales sur les Exposilions de 1806, p. 61,

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