‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 300 sur 512 · Salon de 1814, n · texte numérisé non relu

Salon de 1814, n

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Divers tableaux ossianiques 593.

dans lequel Oscar et Dermid périssent tous deux, parce qu’ils aiment la même femme. Il admettait qu’'Oscar ayant été tué à la guerre, Dermid lui survit pour venir pleurer sur sa tombe. C’est d’ailleurs ce qu’indique — assez mal — le commentaire admiratif d’un contemporain :

Sur ce mont nébuleux quel guerrier solitaire Dérobe sa douleur à la nature entière ?

Du malheureux Oscar c’est le fidèle ami :

Au milieu des tombeaux, près d’un fils endormi, Il rêve la vengeance, espoir de sa vieillesse,

Et nous peint d’Ossian la sublime tristesse * !

Un autre, meilleur connaisseur, ne trouve dans cette toile que « de bonnes intentions, mais de la lourdeur dans le dessin, dans l’effet et dans le coloris * ». La peinture ossianique ne finissait pas dans une apothéose.

Pendant que les peintres, toujours à la recherche d’une couleur et d'une note nouvelles, s’inspiraient soit de l’ensemble de la poésie calédonienne, soit d’une scène particulière des poèmes du Barde, il se produisait diverses tentatives pour représenter par le dessin des suites d'épisodes constituant autant d'illustrations de la légende ossianique. Plus qu'Homère ou le Tasse, Ossian invitait à ce genre de travail. La variété et le romanesque des fictions compensaient heureusement pour l’artiste la monotonie du paysage, et le rôle important que les femmes jouent dans ces poèmes était fait pour tenter son crayon. Il y avait bien une grosse difficulté : le costume. Les indications du texte de Macpherson étant vagues ou nulles, l’histoire et la tradition étant muettes, l'artiste ne savait trop quel modèle suivre, ou comment inventer avec vraisemblance un costume convenable à des Calédoniens du mm siècle. Il s’en tirait parfois en les habillant à l'antique. C’est le parti qu'avait pris

1. Mercure, 17 mai 1817: Le salon de 1817,poème, par A. Bignan fils. 2. Landon, Annales du Musée, 1817.

Séries de compositions et illustrations . 595

M. Rubl, de Cassel, « artiste qui jouit en Allemagne d’une grande réputation ». La suite de ses compositions, qui était annoncée au lecteur français en 1805, devait représenter « les scènes les plus intéressantes des poésies d’Ossian ». Il avait « habillé ses héros de l’ancien costume romain, tel qu'on pourrait supposer avec vraisemblance que les Ecossais l'ont porté au temps d'Ossian ‘ ». C’est à peu près le . même système qu'adopte l’auteur inconnu, probablement espagnol, nous dit-on,des « 31 compositions sur des sujets tirés des poésies d’Ossian » dont la Bibliothèque Sainte- Geneviève possède les originaux à la plume. Cette collection est intéressante à feuilleter. On y voit combien Ossian est classique, comment pour l'artiste, encore plus que pour le poète, 1l se range naturellement à côté des Grecs et des Romains : il fournit de l'antique, il suggère de nouveaux sujets qu’on traite exactement, suivant la même formule que les autres. Pas un souffle nouveau dans l'ossianisme du dessinateur. On ignore la date de ce travail. Il est probablement postérieur à celui de Ruhl et antérieur à celui de Chenavard. Celui-ci a publié en 1868 un bel ouvrage * qui contient, après un précis historique extrait du Discours préliminaire de Le Tourneur, 21 planches gravées sur acier d’après les compositions du maître lyonnais ; à chacune d'elles est joint un texte explicatif du sujet qu’elle représente. Cette série de compositions peut être appelée le chant du cygne de Part ossianique ; mais, si tard qu’elle ait été. exécutée, elle n’innove absolument pas dans la manière de traiter les sujets empruntés au Barde. C’est un art strictement classique. C’est l'antique enrichi d’un domaine nouveau, mais nullement modifié ni assoupli par une inspiration étrangère.

Ce serait une tâche peu utile, et à coup sûr très fastidieuse, que de passer en revue toutes les vignettes, frontispices, illustrations qui accompagnent en France les diverses traductions ou imitations des poèmes d'Ossian. Cuivres, eaux-fortes, aqua-tintes, depuis la composition soignée jusqu’à l'illustration la plus grossière, on trouve de tout dans

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