‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 309 sur 512 · Ch. Nodier, Correspondance inédite, p · texte numérisé non relu

Ch. Nodier, Correspondance inédite, p

2. Romans de Charles Nodier,p. 206 : Le Peintre de Salsbourg: «le 17 septembre ».

3. Ib., p. 212 : « Le 10 octobre ». La lettre de Werther à Wilhelm consacrée à Ossian est datée du 15 octobre.

4. Ch. Nodier, Essais d’un jeune Barde, 1804; réimprimés dans les Poésies, 1829.

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On peut encore citer le Chant funèbre au tombeau d'un chef scandinave *. Mais la profession de foi ossianique du poète se trouve plutôt dans le morceau en prose qui termine le mince volume. Ossian s’y rencontre bizarrement placé entre la pureté de l’art grec et l'humour de Sterne, dans un passage où l'auteur demande à son lecteur si « la plaintive Malvina » l'a jamais « intéressé à ses malheurs * ». Plus - loin, en vantant les perfections de sa Lucile, il émet l’hy- pothèse qu’elle « eût été à son gré le Michel-Ange de la poésie ou l’Ossian de la peinture * ». Tout cela est mal pensé et mal écrit. On comprend que la presse ait été peu clémente à ce médiocre petit volume au titre prétentieux. Le classique Auger était sévère :

Celui qui fait des vers français s'appelle un poète; quant à M. Nodier, il se donne pour un barde. En effet, ses poésies sont écrites dans une langue à nous inconnue. Nous ne doutons point qu’elles n’eussent beaucoup de succès dans les montagnes de l’Ecosse : mais pour que nous puissions les goûter aussi, il faudrait qu'un nouveau Macpherson prit la peine de les traduire {.

Il ne trouve dans le recueil qu’un « jargon bizarre et incorrect », des « idées fausses et incohérentes », des « images dépourvues de grâce et de justesse »; bref, « un style barbare ». J’ai idée que le titre avait beaucoup fait pour attirer au jeune Nodier ces rigueurs : nous verrons qu’Auger n’est pas tendre pour le genre ossianique. Le Mercure, malgré de graves réserves, est en somme plus bienveillant. Le critique anonyme signale dans le volume « quelques imitations d’'Ossian qui ne manquent pas de verve * ». De verve! C’est la moindre qualité d’Ossian et de ses imitateurs.

Il est encore question des poèmes du Barde dans Adèle, . mais, dit l’auteur, « j’airabattu quelque peu de mon enthou-

siasme pour Ossian ‘. » Dans La Fée aux Miettes,il ÿy a un.

. Ch. Nodier, Essais d’un jeune Barde, p. 17.

"ID: Da 92:

. Décade, XLII, 294 (20 thermidor an XII).

. Mercure, 4 août 1804. 4

. Romans de Ch. Nodier, p. 252: Adèle, « le 18 avril ».

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bateau qui s'appelle Fingal et un rocher de Ba/clutha*.

Trilby et La Fée aux Miettes se passent en Ecosse : c’est l’un des pays où erre le plus volontiers le rêve fantastique de Nodier.Les Tristes, dit Sainte-Beuve, « sentent le lecteur familier d'Ossian et de Young, le mélancolique glaneur de tous les champs de la tombe? »,Jean Shogar, qui a été « ébauché en 4812* » et publié en 1818, a deux épigraphes empruntées à Ossian ‘, dont lune compte dix lignes. Beaucoup plus tard, Nodier parle encore avec complaisance des « vaporeuses fictions de l'Écosse * », de « l'Homère de Selma »,

dont il compare les chants à ceux des montagnards suisses.

Mais, en même temps qu'il continuait à citer Ossian, il semble que Nodier commençait à douter de son authenticité. Il blâme Napoléon « dont le goût littéraire n'était pas bien sûr » de sa prédilection pour « les supercheries épiques de Macpherson f ». I] devait plus tard revenir à loisir sur cette question . Que faut-il penser de « l'Homère de Selma »? C'est un « grand objet de contestation », et 1l semble que dans cette discussion on n’a pas fait montre « d'esprit de critique ». Nodier conclut, un peu à la légère et plutôt par impression personnelle,que « Macpherson n’a certainement pas inventé ces poèmes et certainement il ne les a pas traduits. Il s’est borné à exploiter les poésies traditionnelles; c'était une rencontre très heureuse et un travail très peu difficile. » Ce n'est pas tout à fait cela, on l’a vu. En tout cas, Nodier ressemble ici à beaucoup de ses contemporains: il discute, il met en doute l'authenticité des poèmes, et il reste fortement touché de la grâce ossianique. Il est un de ceux qui ont été le plus profondément et le plus Jongtemps sous l'influence du Barde: il doit prendre rang à cet égard à côté de Chateaubriand et de Lamartine.

. Contes de Ch. Nodier, p.325: La Fée aux Miettes.

. Sainte-Beuve, Portraits lilléraires, 1, 461.

. Romans de Ch. Nodier, Préliminaires.

. Ib., p. 31 et 159 : Jean Sbogar.

. Œuvres de Ch. Nodier, V,92: Du Fantastique en littérature.

. Romans de Ch. Nodier, Préliminaires.

- Ch. Nodier, Mélanges de littérature et de critique, 1820, I, 358.

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