‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 315 sur 512 · Lamartine, Nouvelles Confidences, IV, v, p · texte numérisé non relu

Lamartine, Nouvelles Confidences, IV, v, p

2. Œuvres de Chateaubriand, XI, 782; Mémoires d’Outre-tombe, 11,208. 3. Mémoires d’Outre-tombe, I, 151.

En scintillant dans le zénith d’azur, On voit percer l'étoile solitaire.

Du vent du soir se meurt la voix plaintive ‘.…

Tout le paysage qu’il aime et qu'il peint est déjà le paysage d’Ossian :

Je m’avançais vers la pierre grisâtre…

Du haut d’un mont une onde rugissante

S'élançait.…

Le noir torrent, redoublant de vigueur,

Entrait fougueux dans la forêt obscure

De ses sapins...

Se regardant dans un silence affreux,

Des rochers nus s’élevaient, ténébreux ;

Leur front aride et leurs cimes sauvages

Voyaient glisser et fumer les nuages.

Mais tout s’efface, et, surpris de la nuit,

Couché parmi des bruyères laineuses,

Sur le courant des ondes orageuses

Je vais pencher mon front chargé d'ennuis ?.

Torrents, sapins, nuages, bruyères, rien n’y manque. Ce

« paysage intérieur » que chaque poète porte en soi est, dans Chateaubriand, décidément ossianique. En retraçant cette époque de sa vie, il sème dans son récit des touches ossianiques qui viennent naturellement sous sa plume lorsqu'il évoque ces souvenirs de solitude et de réverie *. Il est probable que Lucile avait les mêmes goûts. Mais dans ce

qu'on a publié de ses poésies, je ne vois guère que la

pièce À la Lune qui se ressente peut-être du commerce d’Ossian*.

Il se peut que l'Amérique ait développé dans le jeune voyageur le goût de la rêverie romantique ; mais ce pays

neuf, où rien ne parlait du passé, ces forêts luxuriantes,

peuplées d’oiseaux aux mille couleurs, ces plaines immenses, ces grands fleuves féconds, ces pionniers énergiques et ces

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