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Chateaubriand traducteur d'Ossian 619
dans les ouvrages du barde écossais ». Il sert enmême temps les deux dieux qui régnèrent tour à tour sur l'âme de Werther : « Je ne sors plus sans mon Homère de Westein dans une poche, et mon Ossian de Glascow dans l’autre ‘. » — « J'étais grand partisan du barde écossais : j’aurais, la lance au poing, soutenu son existence envers et contre tous, comme celle du vieil Homère ?, »
Ce qui nous est resté des traductions ossianiques de Chateaubriand occupe trente des grandes pages de l’édition complète de ses Œuvres *. I leur a donné le titre de Poèmes traduits du qallique en anglais par John Smith. Ces poèmes sont au nombre de trois, Dargo, Duthona et Gaul. 11 a d'ailleurs replacé une page de Dargo dans sa Littérature anglaise sous le prétexte assez fondé que ces poèmes de Smith sont « moins connus » que ceux de Macpherson ‘. D’après lui, « Smith n’a pas la noblesse et la verve épique de Macpherson, mais peut-être son talent a-t-1l quelque chose de plus élégant et de plus tendre »; ce qui est assez juste, nous l'avons constaté. Il admirait particulièrement le poème de Gaul « où il y a des choses extrèmement touchantes, particulièrement Gaul expirant de besoin sur un rivage désert, etnourri du lait de son épouse” ». Détail inexact : Gaul n’accepte pas l'allaitement conjugal, el, s’il l’acceptait, il ne mourrait pas de faim, ni son épouse de désespoir, Voilà comment Chateaubriand résume ce qu'il admire le plus.
Il tient beaucoup à donner son travail, indépendamment du mérite de l’auteur, pour un exercice de traduction, et
de traduction littérale : « Les Anglais conviennent que la
prose d'Ossian est aussi poétique que les vers, et qu’elle en a toutes les inversions. Or, on voit que la traduction littérale est ici très supportable. Ce qui est beau, simple et naturel, l’est dans toutes les langues ”. » Et il est très