‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 321 sur 512 · ENT NT · texte numérisé non relu

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Citations et réminiscences d’'Ossian 627

De faux dieux ou pas de dieux du tout, d’un côté ; et de l’autre le vrai Dieu et l'espérance d’une autre vie, voilà l’antithèse.

On sait comme Chateaubriand, plein d’Ossian et plein du souvenir de ses profondes impressions d’enfance, excelle à évoquer la tristesse des ruines au sein de la nature hostile ou indifférente. Il est le Volney du Nord brumeux ; mais un Volney rêveur, poète, et grand écrivain. Parfois, ces ruines sont celles de la Calédonie héroïque d’Ossian ; aucune religion n’y a pénétré, aucune foi ne les anime, aucun espoir ne s'en dégage. Dans cet ouvrage chrétien, Ossian arrive à propos de la poésie des tombeaux ; ce n’est plus l’apologiste trop ingénieux ou trop brillant, c’est le rêveur qui laisse parler ses souvenirs et son imagination :

Quatre pierres couvertes de mousse marquent sous les bruyères de la Calédonie la tombe des guerriers de Fingal. Oscar et Malvina ont passé, mais rien n’est changé dans leur solitaire patrie. Le montagnard écossais se plaît encore à redire le chant de ses ancêtres ; il est encore brave, sensible, généreux ; ses mœurs modernes sont comme le souvenir de ses mœurs antiques ; ce n’est plus, qu’on nous pardonne l’image, ce n’est plus la main du Barde même qu’on entend sur la harpe ; c'est ce frémissement des cordes, produit par le toucher d’une ombre, lorsque la nuit, dans une salle déserte, elle annonçait la mort d’un héros *.

Il continue en citant dix lignes de La Mort de Cuthullin: Carril accompanied his voice... où se trouve le passage fameux : The music was like the memory of joys that are past, pleasant and mournful to the soul. Et il les traduit assez soigneusement :

Carril accompagnait sa voix. Leur musique, pleine de douceur et de tristesse, ressemblait au souvenir des joies qui ne sont plus. Les ombres des bardes décédés l’entendirent sur les flancs de Slimora. De faibles sons se prolongèrent le long des bois, et les vallées silencieuses de la nuit se réjouirent. Ainsi, pendant le silence de midi, lorsque Ossian est assis dans la vallée de ses brises, le murmure de l'abeille de la montagne

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