‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 323 sur 512 · René · texte numérisé non relu

René

5. G. Charlier, Le Sentiment de la Nature chez les Romantiques frangais, p. 200-201.

des rois de Morven ; quelque part qu’il étende sa main dans l’ombre, il touche les cendres de ses pères. » La fille de la princesse de Radzivill est « charmante comme une de ces nues à figure de vierge qui entourent la lune d’Ossian : ».

J’estime d’ailleurs que l’auteur d’Ossian, l’Homère du Nord, en France exagère quelque peu l’influence des souvenirs ossianiques dans la composition de l'épisode de Velléda *. M. Gohin, par contre, aurait pu au moins nommer Ossian dans une étude littéraire sur ce même épisode *. On remarque des détails isolés comme les armes qui gémissent « pour annoncer quelque malheur ». Par contre, il n'y a rien à conclure d’une phrase comme celle-ci : « Les Bardes suivaient... en chantant sur une espèce de guitare les louanges de Teutatès ‘, » Ces Bardes-là sont ceux dont nous parlent les Grecs et les Romains, et la guitare et Teutatès suffisent à nous montrer que nous ne sommes plus en Calédonie. Un admirateur de Chateaubriand, quisous laRestauration versifie l’épisode de Velléda, lui réinfuse un peu de sang ossianique :

Et le Barde unissait de funèbres accords Aux sourds gémissements des ombres de ces morts °.

Un autre admirateur révèle par son titre seul la même anastomose : Les Adieux de Velléda, chant gallique, inspiré par la lecture des Martyrs. La vignette qui accompagne cette romance représente un paysage nettement ossianique,

Dans Zes Martyrs, les bardes, les druides, les dolmens celtiques, ou que l’auteur croyait tels, voisinent bizarrement avec le germanique Irminsul. Tout ce qui n'est pas grec ou romain se mêle et se heurte dans ce magasin d’accessoires barbares. Je reconnais au reste que la conception même de Velléda peut devoir quelque chose aux vierges de

Page 1