‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 328 sur 512 · Ib., XI · texte numérisé non relu

Ib., XI

ler le poète ? Je le répète, je ne puis résoudre à son honneur cette antinomie. 3 |

Quand Chateaubriand ne se contente plus de résumer en une phrase son opinion sur l’origine de l’Ossian de Macpherson, mais prétend entrer dans plus de détails, il montre plus d'assurance que d’exactitude. Il dit plus tard, en faisant allusion au travail de la Highland Society et à l’édition de 1807, que « l’anglais de Macpherson a été traduit en celte par les bons Ecossais amoureux de leur pays * ». Mais il s’aventure trop quand il affirme en 1801 que « toute l'Angleterre est convaincue que les poèmes qui portent ce nom sont l'ouvrage de M. Macpherson lui-même *», Il raconte d’une manière très inexacte la fameuse querelle de Macpherson et du D' Johnson; il parle d'anciens manuscrits sur Fingal, composés par quelque moine du ximr siècle, où Fingal est un géant et où « les héros vont en Terre Sainte expier les meurtres qu’ils ont commis ». Tout cela est amusant, ou veut l’être; mais tout cela est un peu arrangé.

Les arguments que Chateaubriand met en avant pour réfuter l’authenticité sont à peu près les suivants * :

1° Cette poésie est trop raffinée : « Je n’en veux pour exemple que l’apostrophe du barde au soleil » ; et il la cite: « Il ya là-dedans tant d’idées complexes, sous les rapports moraux, physiques et métaphysiques, qu’on ne peut presque sans absurdité les attribuer à un sauvage. » Voilà l’un des morceaux les plusadmirés, et depuis le plus long temps, qui sert à démontrer la fraude. Chateaubriand force la note à son profit, et en exagérant la complexité des idées, et en parlant de sauvage ; ce dernier mot est très habilement choisi. Smith, de même que son aîné, « trahit à tout moment, dans ses images et dans ses pensées, les mœurs et la civilisation des temps modernes ». Sur ce point il n’y a qu'à acquiescer.

2° « Les notions les plus abstraites du temps, de la durée, de l'étendue, se trouvent à chaque page d’Ossian. J'ai

1. Œuvres, 1,575 (1826: note auchap. XXX VII de l’Essai sur les Révolutions).

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