‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 332 sur 512 · Journal de l’Empire, 21 mai · texte numérisé non relu

Journal de l’Empire, 21 mai

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Critiques de la théorie de Mn° de Staël 649

. dédaigneusement. L'Empereur a dû être content, somme

toute, de cet article-là ; car si soncher Ossian y était malmené,on y rudoyait engois davantage l’ennemie qu’il persécutait.

Un autre critique, plus digne et plus sensé, réfutait en bons termes la théorie de M*° de Staël. Il y avait déjà, dit Fauriel, une littérature du Nord avant que les poèmes d'Ossian fussent connus. Ossian n’est donc pas le type de la poésie du Nord. « Cet honneur appartient bien davantage à Shakespeare... Les poésies d'Ossian..…. ont été regardées comme des productions d’un genre absolument original ‘.,» De son côté, le Publiciste fait remarquer, dans son compterendu de l’ouvrage, que « la mélancolie ne fait pas un genre * |! »

Ladoucette, dans un bon article *, présente à la théorie de M”° de Staël une série d’objections judicieuses, et fait mention d’Ossian sans discuter spécialement le rôle qui est assigné au Barde.

Mais les objections les plus précises et les plus fortes vinrent du groupe Fontanes-Chateaubriand. Ceux-là n’étaient pas, comme Geoffroy, survivant aigri d'un autre temps, à l'extrémité opposée de l’horizon littéraire. Tous deux avaient avec l'auteur de la Zittérature plusieurs goûts communs : celui par exemple d’une mélancolie réveuse, ou encore la connaissance et le sentiment de la belle poésie anglaise. Mais ils avaient, ou venaient d’acquérir, une profonde aversion pour l’esprit philosophique quirégnait dans l'ouvrage de M de Staël, pour le dogme de la perfectibilité par lequel elle continuait l’enseignement des philosophes du xvur° siècle. Surtout ils étaient chrétiens, ou voulaient l'être. M° de Staël rendait pleine justice aux grands progrès accomplis dans l’humanité par le christianisme ; elle exposait en quoi la littérature lui est redevable, avec une justesse et une sincérité qui pouvaient rendre jaloux le futur auteur du Génie du Christianisme. Mais ces néophytes se faisaient les apôtres intolérants d’un

1. Décade, XXV, 420 (10 prairial an VIII). Fauriel consacre à l'ouvrage de Mr° de Staël Eee trois articles anonymes des 10, 20 et 30 prairial.

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