‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 334 sur 512 · Chapitre XI, note · texte numérisé non relu

Chapitre XI, note

Les fables islandaises, les poésies scandinaves du 1x° siècle, origine commune de la littérature anglaise et de la littérature allemande, ont la plus grande ressemblance avec les traits distinctifs des poésies erses et du poème de Fingal.

Les « fables islandaises », c’est l'Edda, révélée par Mallet ; les « poésies scandinaves » sont dans Mallet. Aussi, quoique « un!très grand nombre de savants » aient écrit sur « la littérature runique », il suffit d'ouvrir Mallet après avoir lu Ossian et l’on constatera la ressemblance :

Ces poètes scandinaves chantaient les mêmes idées religieuses, se servaient des mêmes images guerrières, avaient le même culte pour les femmes que le barde Ossian, qui vivait près de cinq siècles avant eux.

Ossian n’est plus le père de toutes les littératures du Nord, il en est tout au plus l'oncle. Malgré cette correction, tout cela restait pensé et dit avec un à peu près, avec une insouciance des faits, avec une inexactitude incroyables. D’immenses questions se trouvaient résolues négligemment en quelques lignes. Pourtant les objections qu’on avait faites à l’auteur valaient la peine d’une réplique plus étudiée et plus développée.

Cette fois, ce fut Chateaubriand qui prit la plume pour répondre à ces mauvaises réponses. Il donne à ses criliques la forme d’une lettre à Fontanes, dans laquelle quatre pages sont consacrées à la question d’Ossian ‘, Après avoir réfuté l’opinion que la mélancolie des peuples modernes est d’origine germanique, et soutenu qu'elle est d’origine chrétienne (on voit l’auteur du Génie s'établir solidement sur ses positions), il continue :

Mais Ossian.… n'est-il pas la grande fontaine du Nord, où tous les bardes se sont enivrés de mélancolie... ? J'avoue que cette idée de Me de Staël me plaît fort. J'aime à me représenter les deux aveugles, l’un sur la cime d’une montagne d’Ecosse, la tête chauve, la barbe humide, la harpe à la main, et dictant ses lois, du milieu des brouillards, à tout le peuple poétique de la Germanie ; l’autre.

1. Œuvres de Chateaubriand, IV, 643-658 ; Mercure, 1° nivôse an IX.

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